mardi 22 septembre 2009
PESER OU NE PAS PESER ?
Allégorie de la justice, Gandolfi, XVIIIème
La maman qui nous appelle a un bébé de 13 jours. Ce bébé a repris son poids de naissance rapidement, à la grande satisfaction de sa maman, mais depuis 3/4 jours son poids stagne. La maman est inquiète (d’autant plus que son premier allaitement s’était soldé par un échec, le bébé perdant du poids). Les couches de son bébé sont bien mouillées, il a plusieurs selles par jour, son état de santé est satisfaisant.
Si cette maman n’avait pas de balance chez elle, elle ne se serait pas rendue compte de la stagnation pondérale de son bébé et ne s’en porterait pas plus mal. Cependant, l’expérience de son précédent allaitement étant gravé dans son esprit (c’est dans ce premier mois que la courbe de poids du bébé s’était infléchie) et son entourage ne manquant pas de le lui rappeler, le résultat quotidien qu’affiche la balance vient rassurer tout le monde. Sauf que, depuis quelques jours, les chiffres ne sont pas de bonne augure. Et l’on sait combien les chiffres ont une importance dans l’évaluation de l’état de santé de nos bébés occidentaux…
De retour à la maison, et une fois que le bébé a repris son poids de naissance, la pesée quotidienne du bébé est fortement déconseillée (sauf cas très particuliers). La maman, les parents, ont à leur disposition des moyens simples et fiables, basés sur l’observation : les urines du bébé (abondantes et claires, c’est à dire plusieurs couches bien pleines, pas forcément à chaque change mais globalement sur 24h), les selles (plusieurs petites selles quotidiennes jusqu’à au moins 6 semaines, âge à partir duquel elles peuvent se raréfier, voir l’article "Des selles qui se font attendre"), l'évaluation de la taille du bébé par rapport aux vêtements, le teint du bébé, son aspect général et son éveil. Tout ceci supposant également que la succion du bébé soit efficace pour que le transfert de lait soit optimal.
Peu importe qu’un bébé prenne x ou y ou z grammes par jour, le poids n’est pas le seul critère de bonne croissance du bébé. Celui-ci grossit mais grandit aussi (taille staturale et périmètre crânien) et toutes ces croissances, ces développements ne se font pas forcément en même temps, et surtout pas uniformément chaque jour.
Tous ces indicateurs sont bien connus par cette maman mais ils ne font pas le poids dans la balance si j’ose dire ! Il va falloir qu’elle se sèvre du rituel de la pesée et qu’elle cultive sa confiance en elle et en son bébé. Pour cela, se rapprocher d'autres mamans qui allaitent aide beaucoup pour continuer de croire en ses capacités à pouvoir nourrir son bébé de son propre lait, et qui plus est exclusivement !
lundi 14 septembre 2009
LES BIENFAITS DE L'ALLAITEMENT SUR LA MACHOIRE DU BEBE
source : Fédération Française d'Orthodontie
Les bienfaits de l’allaitement maternel d’un point de vue nutritionnel sont actuellement bien connus et admis par toute la communauté médicale : si l’on sait que le poids du bébé triple au cours de sa première année, que sa taille augmente de 50 % et que le poids de son cerveau croît de 2 grammes par jour, on s’aperçoit que l’enjeu est d’importance. De plus, on sait aussi que ce lait maternel réduit les risques d’allergies et d’infections gastro-intestinales, prévient le surpoids.
Pour un développement harmonieux du visage
Par contre, ce que l’on sait moins, c’est que l’allaitement maternel favorise le développement harmonieux du visage de l’enfant. En effet, la tétée au sein, contrairement à la tétée au biberon, nécessite une gymnastique musculaire intense. Le bébé happe le sein, avance sa langue et sa mâchoire inférieure et serre énergiquement le mamelon contre son palais pendant qu’il serre les lèvres pour maintenir ce mamelon dans sa bouche. La tétée au sein se fait dans un mouvement complexe mettant en jeu tous les muscles de la langue, des joues, des lèvres et des mâchoires.
Or, à sa naissance, le bébé a pratiquement toujours un menton en retrait et c’est cette gymnastique effectuée lors de la « traite du sein » qui va remodeler son profil.
Par ailleurs, les pressions exercées à l’intérieur de sa bouche vont développer également les maxillaires dans toutes leurs dimensions, préparant ainsi les arcades dentaires à recevoir les futures dents.
Pour une meilleure ventilation
Ce mode d’allaitement a également un autre avantage : il oblige le nourrisson à ventiler par le nez. Il contribue donc à l’apprentissage de ce mode de ventilation. A l’inverse, quand le bébé prend le biberon, il peut avaler et ventiler alternativement par le nez et par la bouche car le biberon ne nécessite ni fermeture labiale hermétique ni travail musculaire important.
Donc, après un rhume par exemple, l’enfant peut conserver ce mode de ventilation par la bouche avec les inconvénients que l’on connaît. Par ailleurs, la tétée du sein, par le travail musculaire intense qu’elle demande, fatigue le bébé qui, épuisé, s’endort ainsi plus facilement, sans prendre son pouce. La première année de la vie est une période de croissance exceptionnellement intense et rapide, durant laquelle il est souhaitable que le nourrisson bénéficie de tous les stimuli nécessaires à une croissance faciale optimale. L’allaitement au sein prolongé, de 6 à 12 mois, sans éliminer tous les risques de voir apparaitre des malpositions dentaires, peut constituer un moyen de prévention simple, et agréable, de ces malpositions si répandues de nos jours.
par les Docteurs Jacqueline Kolf et Jean-Louis Raymond, membres de la FFO
lundi 25 mai 2009
TETEES TOUTES LES 2 HEURES
La maman d'un bébé de 3 mois se demande s'il est normal que son bébé se mette subitement à téter toutes les 2 heures alors que jusqu'à présent il ne réclamait que toutes les 3 heures. Elle pense que son bébé "double" ses gencives et que c'est pour cela qu'il veut téter plus souvent que d'habitude. Mais comme elle trouve par ailleurs que ses seins sont mous, elle souhaite prendre une tisane galactogène pour avoir plus de lait.
Aux alentours de 3 mois (ce peut être avant ou après puisque chaque bébé suit un développement physique qui lui est propre), les bébés ont généralement une poussée de croissance assez spectaculaire (qui d'ailleurs lorsqu'elle est interprétée de façon péremptoire par certains pédiatres comme un manque de lait de la maman peut mener au sevrage... mais ne nous éparpillons pas...).
Il est tout à fait normal qu'un bébé se mette à téter davantage, que ce soit à 3 mois ou bien à n'importe quel moment de l'allaitement. Dans le cas présent, le bébé qui accentue ses demandes le fait pour répondre à ses besoins physiologiques car les tétées plus nombreuses augmentent de fait la quantité de lait maternel en l'espace de 48h. Boire de la tisane galactogène peut favoriser cette production de lait mais elle n'est en aucun cas suffisante si les tétées ne sont pas plus nombreuses durant cette période sensible de croissance.
Les tétées toutes les 3 heures c'est pratique et rassurant mais n'oublions pas que les besoins d'un bébé ne sont jamais uniformes dans le temps et que de nos réponses attentives à ces besoins extraordinaires (et souvent extraordinairement fatiguants !) grandira un enfant plein de santé, rassuré et confiant.
mardi 16 décembre 2008
TETEES FREQUENTES
Une jeune maman se demande s'il est normal que son bébé de 13 jours réclame à téter toutes les heures. Jusqu'à présent le bébé espaçait assez souvent les tétées de 3 ou 4 heures, la maman était ravie, elle avait même profité d'une nuit complète il y a peu. Mais depuis 2 jours, rien ne va plus.
En fin de journée, le bébé avait déjà l'habitude de tèter de façon très rapprochée et la maman acceptait de faire téter son bébé. En revanche, les tétées fréquentes tout au long de la journée sont inhabituelles. Qui plus est, le bébé a tendance à téter peu de temps et à s'endormir vite.
En ce qui concerne les urines, il semble que tout va bien, les couches sont lourdes. Quant aux selles, elles sont quotidiennes.
Que nous indique donc ces tétées fréquentes ? Tout simplement que la croissance du bébé exige momentanément davantage de lait.
Oui mais pourquoi des tétées courtes ? Parce que son estomac a la taille d'un gros grain de raisin et donc une capacité très limitée. De plus, le lait maternel se digérant rapidement - ce qui ne veut pas dire qu'il n'est pas nourrissant, attention aux interprétations hâtives ! - moins d'une heure après, le bébé recommence à avoir besoin de téter quand il est dans ces périodes de forte croissance.
Les stimulations fréquentes vont ainsi amener une augmentation de la quantité de lait, quantité qui va rapidement pouvoir couvrir les nouveaux besoins du bébé (s'il a accès au sein sans restriction d'horaire, y compris la nuit). Après quoi le bébé reviendra à un rythme plus acceptable sur le plan social - ! - et surtout plus reposant - !...
Du côté de la maman, ces pics de croissance peuvent être pénibles et mal vécus. Bien sûr on peut rassurer la maman en lui expliquant que les tétées fréquentes envoient au corps le message de produire davantage de lait et que l'augmentation se produira au bout de 48 heures environ. Mais au-delà de ces explications, la maman va devoir faire preuve d'une grande capacité d'adaptation et de souplesse tant il est usant de répondre aux besoins intenses d'un nouveau-né même si l'on sait que ses demandes vont se calmer prochainement... C'est pourquoi il est si important que la maman se repose pendant ces périodes intenses (allaiter allongée par exemple) et puissent bénéficier de l'aide de l'entourage (ce qui fait le plus cruellement défaut dans notre société individualiste !).
Alors, si vous êtes maman d'un nourrisson et que vous lisez ceci, faites vous offrir de l'aide pour Noël : petits plats maison, heures de ménage, prise en charge des enfants plus grands, etc.
vendredi 21 novembre 2008
POUSSEE DE CROISSANCE
Vierge à l'Enfant, Dürer Albrecht, (vers 1500)
Un bébé de 3 mois, qui tétait 4 ou 5 fois par 24h, se met soudainement à téter 2 fois de plus. Les tétées supplémentaires se passent la nuit. Précisons qu'il n'a pas de sucette et qu'il tète quand il en a besoin, sa maman respectant sa demande.
La maman n'est pas trop inquiète, elle a connaissance des pics de croissance, mais elle s'interroge quand même sur ces réveils de nuit. Toutefois, allaiter la nuit ne la dérange pas trop, étant donné que le bébé dort dans la même chambre.
Lorsqu'un bébé réclame davantage de tétées, on peut être certain qu'il a toutes les bonnes raisons de le faire. Dans ce cas précis, le bébé a besoin de davantage de lait pour assurer sa croissance, particulièrement importante les premières semaines. Bien sûr, il n'a pas besoin de réfléchir pour savoir comment s'y prendre, il sait naturellement que plus il tètera sa maman, plus il recevra de lait. Le fait qu'il tète la nuit alors qu'il ne le faisait pas, ou plus, n'est pas négatif pour lui, ni forcément définitif. Ce n'est pas négatif car l'augmentation nocturne de l'hormone de l'allaitement - la prolactine - favorise la production de lait. Ce n'est pas définitif puisque les poussées de croissance sont ponctuelles et périodiques.
En répondant favorablement à ces tétées de nuit, la maman est certaine que sa production de lait va, en quelques heures, voire quelques jours, satisfaire les nouveaux besoins de son bébé.
jeudi 6 novembre 2008
REVENIR A UN ALLAITEMENT EXCLUSIF
photo Peggy Halas Krizan
Un bébé de 5 semaines est allaité presque exclusivement. Depuis 2 semaines il reçoit 2 ou 3 compléments de 30 à 40 ml de lait artificiel. Ces jours-ci, la maman a baissé les quantités car elle a remarqué que son bébé n’en voulait pas autant. Ces compléments ont été prescrits car ce bébé n’avait pas encore repris son poids de naissance à 3 semaines.
La maman souhaite revenir à un allaitement exclusif. Elle connaît bien le fonctionnement de la lactation et propose les deux seins à chaque tétée. Cependant, sa motivation a été fragilisée par les paroles d’une sage-femme : celle-ci lui a dit qu’elle n’avait certainement pas assez de lait…
Par ailleurs, la maman se plaint que son bébé est parfois pendu au sein, souvent dans la matinée et aussi en début de soirée. Elle ne parvient pas à trouver le temps de se reposer. Ceci lui fait penser qu’elle manque de lait. Pourtant son bébé mouille bien ses couches et il y a plusieurs selles par jour.
Pour arriver à supprimer les petits compléments qu’elle donne à son bébé, cette maman va devoir surmonter la crainte du manque de lait : en effet elle a peur de ne pas produire suffisamment de lait. En plus, elle a l’impression que son bébé dort davantage après avoir reçu le complément de lait artificiel. Pourtant, il dort aussi après certaines tétées que la maman juge bonnes car elle entend bien son bébé déglutir.
Les tétées fréquentes de ce bébé présagent sans doute de l’approche d’une poussée de croissance demandant un apport plus important de lait, et donc des stimulations plus nombreuses pour que la maman produise plus. Le piège dans une situation comme celle-ci c’est que lorsque le bébé se met à vouloir téter plus et plus longtemps, la maman perd alors la confiance en sa production et cède facilement aux compléments.
Pour sortir de ce cercle vicieux, il faudra à la maman le courage de continuer à baisser les quantités de lait artificiel. Ce qui peut l’aider dans cette période c’est de s’allonger de temps en temps dans la journée avec son bébé pour le faire téter, s’endormant avec lui si le sommeil la gagne. Elle peut aussi se servir de l’écharpe de portage pour l'allaiter et se sentir plus libre de vaquer à quelques occcupations.
lundi 3 novembre 2008
EN CHINE, LE SCANDALE DU LAIT REMET L'ALLAITEMENT A LA MODE
source : http://www.aujourdhuilachine.com/
Alors que l'inquiétude s'est emparée des familles, le scandale du lait contaminé a contribué à raviver une vieille profession. Aujourd'hui, des dizaines de femmes proposent leur service de nourrice. Signe que le lait maternel retrouve ses lettres de noblesse.
Le 23 septembre, la "Zhong Jia Family Services", une agence qui s'occupe de placer des aides à domicile à Shenzhen, a reçu six nouvelles candidates. "Je travaille dans ce secteur depuis 10 ans et je n'ai jamais vu un tel afflux", raconte son directeur au Wall Street Journal. Depuis le 19, il a enregistré 260 nouvelles postulantes.
La suspicion généralisée vis-à-vis du lait en poudre a conduit de nombreuses mères à chercher des alternatives. Résultat, la question de l'allaitement maternel a refait surface dans les esprits et pour les plus aisées, la possibilité de recourir au lait d'une tierce personne.
A Chongqing, le père d'une petite fille de 4 mois a mis une offre d'emploi sur Internet pour une nourrice "en parfaite santé, avec beaucoup de lait et une bonne hygiène", détaille le quotidien américain. Salaire proposé : 3000 yuans par mois, nourriture et logement inclus.
Déclin de l'allaitement
Derrière ces cas un peu triviaux, se cache pourtant une tendance lourde qui a contribué à l'augmentation du nombre de nourrissons contaminés (près de 53 000).
Encore en vogue au siècle dernier en Chine contrairement à la plupart des pays occidentaux, l'allaitement maternel a subi un fort déclin ces dernières années.
Selon le Centre chinois pour la prévention et le contrôle des virus, le pourcentage de femmes allaitant dans les régions pauvres est passé de 62% à 38% entre 2000 et 2005. Selon l'Unicef, en 2008, seules 51% des femmes pratiquent exclusivement l'allaitement en Chine.
Une baisse qui s'explique d'abord par un changement du mode de vie, surtout dans les campagnes où les mères, obligées de partir travailler en ville, laissent leur enfant aux grand-parents mais aussi par la force de frappe des messages publicitaires pour le lait en poudre. Certains laissent même croire qu'il serait meilleur pour l'intelligence que le lait maternel.
Alertées par le scandale, l'UNICEF et l'Organisation mondiale de la santé ont cherché à corriger cette vision faussée en publiant une déclaration. "Aucune formule pour enfant ne contient la combinaison de protéines, de glucides et de graisses aussi parfaite que le lait maternel pour favoriser la croissance et le développement du cerveau de l'enfant", dit le communiqué.
Mais ce combat ne date pas d'hier. Après plusieurs campagnes d'éducation ou l'extension de l'arrêt maternité de 6 semaines à 3 mois, l'Unicef travaille aujourd'hui avec le Ministère de la Santé chinois sur une campagne de publicité télévisée pour l'allaitement.
La crise du lait aura contribué à stimuler ces efforts sauf que pour les millions de migrantes chinoises et de femmes urbaines actives, le recours au lait en poudre n'est pas une question de choix.
par Mathilde Bonnassieux
vendredi 15 août 2008
DES TETEES GROUPEES
Un bébé de 6 mois, toujours allaité, et qui mange des solides en assez grandes quantités depuis quelques semaines déjà, pose problème à sa maman. Celle-ci s'inquiète car le bébé ne tète pas dans la journée mais seulement entre le début de la soirée et le petit matin. La maman voudrait savoir combien de quantité de lait doit prendre un bébé à cet âge là... En même temps, elle constate que les couches sont bien mouillées, que la croissance et l'éveil de son bébé sont satisfaisants. Elle voit bien également que son bébé a beaucoup de distractions qui font qu'il lâche le sein au bout de 20 secondes si elle lui propose dans la journée... et encore plus si sa grande soeur passe par là...
En somme ce bébé groupe ses tétées à des moments calmes - en l'occurence le soir et la nuit - et absorbe apparemment tout ce qui lui est nécessaire.
Moralité : la maman nous a contacté car elle avait besoin d'être sûre qu'elle pouvait faire confiance à son enfant...
mercredi 6 août 2008
LES COURBES DE CROISSANCE DE L'OMS
poids filles http://www.who.int/nutrition/media_page/cht_wfa_girls_z_0_5.pdf
poids garçons
http://www.who.int/nutrition/media_page/cht_wfa_boys_z_0_5.pdf
taille filles
http://www.who.int/nutrition/media_page/cht_lhfa_girls_z_0_5.pdf
taille garçons
http://www.who.int/nutrition/media_page/cht_lhfa_boys_z_0_5.pdf
Les courbes de croissance des carnets de santé ne sont pas adaptées au bébé allaité car elles sont basées sur des données des années 6O recueillies chez des bébés alimentés au lait artificiel.
Les liens ci-dessous renvoient sur les nouvelles courbes élaborées par l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé).
jeudi 31 juillet 2008
ALLAITEMENT EXCLUSIF EN ETE ET SUPPLEMENTATION EN EAU
Supplémentation en eau d'enfants exclusivement allaités pendant la période estivale sous les tropiques
Water supplementation on exclusively breastfed infants during summer in the tropics.
H.P.S. Sachdev, J. Krishna, R.K. Puri et al. Lancet 1992; 337: 929-33.
L'allaitement maternel exclusif couvre tous les besoins caloriques nécessaires pour assurer la croissance et l'activité du bébé pendant les 4 premiers mois. Cependant, les professionnels de santé des régions tropicales recommandent souvent l'utilisation de suppléments d'eau, même quand la possible contamination de l'eau peut présenter un danger pour le bébé. Des bébés de sexe masculin, âgés de 1 à 4 mois et en bonne santé, ont été étudiés pendant 8 heures dans un hôpital. Ils ont été répartis en deux groupes: exclusivement allaités (n=23), et allaités plus eau (n=22). Les enfants du groupe "exclusivement allaité" n'ont reçu en routine aucun supplément, et n'en avaient pas reçu pendant la nuit précédant l'étude. L'absorption de lait a été calculée par des pesées. L'apport d'eau a été calculé par des biberons gradués. Les urines ont été collectées et mesurées. Des échantillons de sang ont été prélevés à la fin de la journée de test. Les températures maximum de la pièce étaient comprises entre 34 et 41°C, et l'humidité relative entre 9 et 60%. Après correction pour tenir compte de l'âge, du poids et de la taille, de la température et de l'humidité, l'apport liquidien total s'est avéré être supérieur chez les enfants exclusivement allaités (274 ml contre 210 ml). Il n'a pas été retrouvé de différence significative entre les deux groupes quant à la quantité d'urine émise, l'osmolarité sanguine ou urinaire, le poids ou la température rectale. Une perte d'apports caloriques de 8 à 10% a été constatée chez les enfants recevant des suppléments d'eau. Les chercheurs concluent que les enfants exclusivement allaités peuvent maintenir leur équilibre liquidien pendant l'été, même lorsque la température est élevée. Dans les pays en voie de développement, donner de l'eau aux bébés représente un facteur de risque important à cause des contaminations par des bactéries entéro-pathogènes, et des interférences avec l'allaitement maternel.












