le tétou blog

Association de Soutien à l'Allaitement Maternel à Béziers

lundi 2 novembre 2009

REFUS DE TETER

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Kupka, Autour d'un point, 1911

Depuis bientôt une semaine, ce bébé de 8 mois refuse de téter comme il le faisait jusqu'à présent, c'est-à-dire 4 fois par jour: à 10h, à midi après un petit repas, pour le goûter, et le soir après un autre petit repas. Sa maman a tout de même réussi à lui faire prendre le sein plusieurs fois depuis, mais c'est toute une entreprise qui nécessite la présence et l'aide du papa, qui parvient tant bien que mal à positionner le bébé pour qu'il daigne téter. La maman tire son lait car elle craint de ne plus en avoir assez et a peur que le bébé ne reçoive pas assez de liquide par ailleurs. Elle a donné le lait à son bébé à quelques reprises à l'aide d'une pipette. Cependant, elle est très inquiète, très stressée car elle n'est pas prête à un sevrage précoce. Elle ne comprend pas ce qui se passe. Depuis quelques temps son bébé est facilement distrait, c’est pourquoi les tétées doivent avoir lieu à l’écart de toute sollicitation. Lorsqu'elle lui présente le sein, il est très agité, se tortille, lâche le sein, la regarde, parfois aussi tape sa tête de sa main et finit par se calmer si le lait arrive.  La maman n'apprécie pas ces prémices à la tétée, elle pense qu’il joue au sein, qu’il ne veut pas téter, de ce fait parfois son lait tarde à venir ou ne vient pas du tout, et cela la rend nerveuse. Cercle vicieux. Son bébé l’a toujours habituée à téter à des moments précis et réguliers, et ces comportements la perturbent.

Que se passe-t-il pour ce bébé ? I
l a fait fait beaucoup de progrès moteurs dernièrement, il est de plus en plus actif, il peut maintenant agir sur les objets et les personnes, ce qui est tout à fait normal et signe d’un développement harmonieux. Au moment des tétées, il manifeste davantage sa personnalité, appréciant une introduction ludique à la tétée, et comme beaucoup de bébés de son âge, il aime le mouvement et s'agite facilement au sein, notamment si le lait tarde à venir.  Enfin, il dort dans sa chambre depuis environ 15 jours.

Que se passe-t-il pour la maman ? Elle est déstabilisée par les attitudes et les refus répétés de son bébé. Le schéma d’allaitement qu’elle connaît a changé. Elle est épuisée par un manque de sommeil chronique : son bébé se réveille 1 ou 2 fois par nuit mais comme elle ne parvient absolument pas à l’allaiter allongée, elle ne peut pas se laisser aller à la détente que procure la tétée et trouve très difficilement le sommeil quand elle se recouche. En tout et pour tout, elle dort 4 heures… D’autre part, le fait de s’occuper de son bébé l’a coupée d’une vie sociale et d’un rythme d’activités dont elle avait besoin. Pourtant, elle dit souhaiter vraiment continuer d’allaiter. Elle retournera au travail dans 1 mois.

Que se passe-t-il entre la mère et son bébé ?

Le lait ne vient-il pas assez vite et le bébé s'impatiente-t-il au point de se détourner du sein ?

Le bébé refuse-t-il finalement de téter à cause de l'ambiance trop stressante des tétées ?

Son  développement psychomoteur lui permettant d’être davantage acteur pendant la tétée (agitation et jeux au sein), ce bébé suscite-t-il simplement une intéraction avec sa mère qu'elle-même interprète comme un refus ?

Sent-il une certaine ambivalence chez sa maman, tiraillée entre le désir de poursuivre l'allaitement et le besoin de retrouver des liens sociaux ?

Tous ces facteurs - et d'autres - sont-ils en jeu dans cette situation ?

Quelles solutions pour cette maman désemparée ? Sans doute plus de souplesse, comme elle le dit à la fin de la conversation, plus de lâcher prise face à cette situation. Le forcer à téter ne ferait qu'accentuer les refus, et la mise en place des stratagèmes avec l'aide du papa n'est pas forcément une solution à long terme... Mais ce n'est pas si simple de laisser son bébé choisir et de se sentir rejetée comme mère nourricière... Favoriser le contact, de préférence en peau-à-peau, sans chercher absolument à le nourrir. Continuer de tirer son lait pour maintenir sa production de lait. Avec patience et calme, cet épisode difficile ne sera finalement peut-être qu’une transition vers un nouveau départ pour son allaitement.

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jeudi 15 octobre 2009

EST-CE QUE MON LAIT EST BON ?

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Te respirer
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La maman d'un bébé de 10 jours se demande si son lait est bon. Cette petite fille réclame beaucoup et pleure si on la pose dans son lit après la tétée. Elle est née 3 jours après le terme, l'accouchement par voie basse s'est bien passé et elle n'a reçu ni complément ni sucette. Selles et urines sont, depuis, bien présentes et la qualité de la tétée a été vérifiée par une sage-femme la veille de l'appel. Cependant, ce bébé n'a pas encore tout à fait repris son poids de naissance.

La maman a l'impression qu'elle ne sait pas décoder les besoins de son bébé. « Je ne sais pas répondre autrement qu’en lui donnant le sein ». Certaines tétées "se passent bien", le bébé s'endort repu, décontracté, notamment le matin et la nuit mais dans l'après-midi et la soirée les choses se gâtent pour la maman car sa petite pleure dès qu'elle la retire du sein et elle ne sait pas quoi faire pour la calmer. Hier, ne sachant plus que faire et suivant certains principes qu'elle avait entendu, elle a l'a laissée pleurer "parce que ça ne faisait pas 2 heures au moins". Aujourd'hui, elle s'est décidée à laisser son bébé téter plus souvent "toutes les une heure et demi" quand elle réclamait.

Cette maman est découragée et prête à abandonner l’allaitement pour donner des biberons de lait artificiel. C’est son premier bébé, elle ne s’attendait pas du tout à « ça » et pense du coup que cette situation n’est pas normale. Les pleurs lui renvoient une mauvaise image d’elle-même et remettent en question la qualité de son lait.

Du point de vue du comportement du bébé, tout est pourtant normal. Ce bébé n’ayant pas encore repris son poids de naissance, il réclame beaucoup une grande partie du temps pour stimuler la production de lait. C’est, on pourrait dire, comme une poussée de croissance extraordinaire qui va se prolonger tant que les besoins physiologiques du bébé ne seront pas satisfaits. Mais cela ne convient pas forcément à la maman qui espérait que son allaitement se passerait autrement…

Cette maman a tendance à minimiser ses compétences, d’autant plus qu’elle n’est pas soutenue et que face aux pleurs de son bébé elle se sent impuissante. Pourtant ses compétences de mère sont évidentes : elle sait observer son bébé, la déglutition, les urines, les selles, elle connaît l’évolution de ses demandes, les moments où les tétées sont plus paisibles, elle sait instinctivement quand elle peut changer de sein ou au contraire prolonger la tétée. Jour après jour, elle découvre son véritable travail de maman, au travers de l’observation, de l’écoute, elle  apprend à connaître son bébé mais le chemin n'est pas régulier car le bébé évolue et il y a toujours des moments plus difficiles que d’autres.  Toutes les jeunes mamans connaissent des périodes pénibles et de découragement. Personne ne l’ayant encore rassurée sur ce point c’est la raison pour laquelle elle ressent tant de désarrois, se pose tant de questions, perd sa confiance et se demande si elle fait « bien ».

Cette jeune mère fait du mieux qu’elle peut, et elle a énormément besoin d’être encouragée et soutenue.

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lundi 7 septembre 2009

DE L'USAGE DU COIT PENDANT L'ALLAITEMENT

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Femme gitane, Frans Hals, 1630

[La nourrice] ne sera pas mélancolique, mais joyeuse et gaillarde, riant souvent et modérément [...] elle sera sobre, nullement sujette au vin et encore moins à l'excès de Vénus, mais elle pourra user avec médiocrité du premier, et ne s'abstiendra pas tout à fait du second, si son naturel le requiert, pourvu que ce soit avec son mari, laquelle permission lui est volontiers octroyée par Joubert au chapitre septième du cinquième Livre de Ses Erreurs Populaires, fondé sur l'expérience de toutes les pauvres femmes, qui ne manquent pas de bien élever leurs enfants, encore qu'elles couchent journellement avec leur mari, et sur la sienne propre, alléguant que sa femme avait fort  bien nourri tous ses enfants, quoiqu'il n'ait pas manqué pour cela de coucher toujours avec elle, et de lui faire l'amour (à ce qu'il dit) comme un bon et fidèle mari : car en effet la semence trop longtemps retenue sans évacuation (principalement aux femmes qui avaient coutume d'user ordinairement du coït) s'échauffant trop faute d'évacuation, leur cause une telle démangeaison, et une si grande envie de s'en décharger, que s'en abstenant par force, elle ne manquerait pas de se corrompre dans les vaisseaux, après quoi elle causerait une grande agitation tant des humeurs du corps que des passions de l'âme, d'autant qu'il n'y a point (comme chacun sait) de plus violente, ni pire rage que celle de l'amour : c'est pourquoi il n'y aura aucun danger que la nourrice use modérément du coït avec son mari, et que ce soit seulement pour décharger et vider la trop grande plénitude, et non pour autre cause, quoi faisant, elle observera seulement de ne pas donner à téter à l'enfant incontinent après cet exercice ; mais elle attendra au moins une ou deux heures, afin de laisser reposer pendant ce temps, toutes les humeurs de son corps, qui ont été agitées et chauffées par cette action.

Extrait du Traité des maladies des femmes grosses, et de celles qui sont nouvellement accouchées, François Mauriceau, édition de 1683, p.436.

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mardi 5 mai 2009

L'ALLAITEMENT ET LE DEPLACEMENT DU CENTRE DE GRAVITE

Accouchement

Les premières tétées peuvent être à la fois délicieuses et frustrantes, mais pour de nombreuses femmes, l'allaitement aide à renforcer le sentiment que c'est leur bébé et qu'elles sont la mère : "Mon bébé est venu au monde en criant et je lui ai tout de suite donné le sein. Il n'a pas hésité. J'ai su tout de suite que j'étais sa mère et lui aussi semblait avoir compris."

Pour d'autres mères, l'allaitement est une succession de faux pas et de faux départs. Le bébé hurle et la mère est au bord du désespoir : "L'accouchement s'est bien passé, Rosie était en bonne santé, mais elle n'avait pas très envie de téter. Si je me souviens bien, il nous a fallu trois jours pour y arriver et ensuite tout s'est bien passé. J'étais désespérée, j'avais peur qu'on ne se comprenne pas ou qu'il manque quelque chose dont elle avait besoin. Je ne me suis vraiment attachée à elle qu'à partir du troisième jour."

Que l'allaitement se passe bien ou non, il implique un changement de perspective pour la mère. Pendant la grossesse et même juste après l'accouchement, quand le bébé est sur son ventre, le centre de gravité émotionnel de la mère demeure son ventre. C'est à cet endroit-là que s'est situé son centre de gravité physique pendant toute la grossesse. Par contre, lorsque le bébé commence à téter, le centre de gravité physique et émotionnel se déplace vers les seins et la poitrine. C'est là que le bébé se nourrit d'une part et trouve du réconfort d'autre part. Cela devient un havre de paix pour le bébé et la source d'où émane l'amour physique de la mère.

Extrait de La naissance d'une mère de Daniel. N. Stern et Nadia Bruschweiler-Stern, éditons Odile Jacob

jeudi 8 janvier 2009

ALLAITER DISCRETEMENT : COMMENT VOUS FAITES ?

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Lors de la dernière rencontre du Tétou, mardi dernier, nous avons beaucoup discuté de l'aspect pratique de l'acte d'allaiter, autrement dit : comment faire téter son bébé en évitant de trop dévoiler son sein ? En effet, s'il y a des mamans qui ne se sentent aucunement gênées de montrer un peu leur poitrine en public, d'autres ne le supportent absolument pas, au point de remettre parfois en question leur allaitement ou plus simplement de se déconnecter de leur bébé le temps de la tétée tant elles sont obsédées par le regard et le jugement des autres ...

Alors, comment faire pour allaiter discrètement ? Quels vêtements sont les mieux adaptés ? Peut-on s'habiller comme on veut ou doit-on toujours renoncer à certaines tenues le temps de l'allaitement ? D'une façon générale, ce que l'on retient des témoignages des unes et des autres c'est qu'on trouve des solutions, que l'on peut rester féminine en allaitant et qu'il n'est pas forcément nécessaire d'investir dans des vêtements spécifiques (bien que certains vêtements d'allaitement soient très bien conçus et utilisables même quand on n'allaite plus).

Beaucoup de mamans s'accordent pour dire que porter une veste ou un gilet est bien pratique car lorsque l'on soulève le tee-shirt ou le pull, le côté de la poitrine reste couvert. Certaines sont plutôt adeptes du châle ou du foulard pour dissumuler le sein, notamment lorsque l'on porte une chemise qui oblige à être largement déboutonnée pour allaiter.

Une maman nous a rapporté son truc à elle. Grâce à un top et un pull elle allaite en totale discrétion : en effet, en soulevant le pull et en baissant le top, il y a juste la place pour que le bébé prenne le sein et du coup rien d'autre n'apparaît ! C'est une idée ingénieuse !

Cet article ne se veut pas du tout exhaustif quand aux manières d'allaiter discrètement.

Aussi, en cliquant juste dessous, sur "commentaires", racontez-nous comment vous faîtes, partagez vos trucs, vos expériences de l'allaitement en public.

Beaucoup de mamans seront ravies de vous lire ! 

mardi 16 décembre 2008

TETEES FREQUENTES

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Une jeune maman se demande s'il est normal que son bébé de 13 jours réclame à téter toutes les heures. Jusqu'à présent le bébé espaçait assez souvent les tétées de 3 ou 4 heures, la maman était ravie, elle avait même profité d'une nuit complète il y a peu. Mais depuis 2 jours, rien ne va plus.

En fin de journée, le bébé avait déjà l'habitude de tèter de façon très rapprochée et la maman acceptait de faire téter son bébé. En revanche, les tétées fréquentes tout au long de la journée sont inhabituelles. Qui plus est, le bébé a tendance à  téter peu de temps et à s'endormir vite.

En ce qui concerne les urines, il semble que tout va bien, les couches sont lourdes. Quant aux selles, elles sont quotidiennes.

Que nous indique donc ces tétées fréquentes ? Tout simplement que la croissance du bébé exige momentanément davantage de lait.

Oui mais pourquoi des tétées courtes ? Parce que son estomac a la taille d'un gros grain de raisin et donc une capacité très limitée. De plus, le lait maternel se digérant rapidement - ce qui ne veut pas dire qu'il n'est pas nourrissant, attention aux interprétations hâtives ! - moins d'une heure après, le bébé recommence à avoir besoin de téter quand il est dans ces périodes de forte croissance.

Les stimulations fréquentes vont ainsi amener une augmentation de la quantité de lait, quantité qui va rapidement pouvoir couvrir les nouveaux besoins du bébé (s'il a accès au sein sans restriction d'horaire, y compris la nuit). Après quoi le bébé reviendra à un rythme plus acceptable sur le plan social - ! - et surtout plus reposant - !...

Du côté de la maman, ces pics de croissance peuvent être pénibles et mal vécus. Bien sûr on peut rassurer la maman en lui expliquant que les tétées fréquentes envoient au corps le message de produire davantage de lait et que l'augmentation se produira au bout de 48 heures environ. Mais au-delà de ces explications, la maman va devoir faire preuve d'une grande capacité d'adaptation et de souplesse tant il est usant de répondre aux besoins intenses d'un nouveau-né même si l'on sait que ses demandes vont se calmer prochainement... C'est pourquoi il est si important que la maman se repose pendant ces périodes intenses (allaiter allongée par exemple) et puissent bénéficier de l'aide de l'entourage (ce qui fait le plus cruellement défaut dans notre société individualiste !).

Alors, si vous êtes maman d'un nourrisson et que vous lisez ceci, faites vous offrir de l'aide pour Noël : petits plats maison, heures de ménage, prise en charge des enfants plus grands, etc. 

lundi 10 novembre 2008

LA TIRADE DU LAIT

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OBJECTIVE

Je continue de l'allaiter.

IRONIQUE

Il tète encore mon sein... à son âge !!!

SCIENTIFIQUE

Oui, je l'allaite car mon lait, c'est ce qu'il y a de meilleur pour sa santé.

FAMILIERE

Ah le tétou, il aime ça !

ARGOTIQUE

Il est accro à la mamelle.

EFFRONTEE

Oui, je l'allaite, ça vous pose un problème ?

MILITANTE

Evidemment que je l'allaite, il n'a que 6 mois.

PRATIQUE

Hier encore, je l'ai fait téter dans le bus.

ECOLOGISTE

L'allaitement maternel, c'est simple, propre et pas cher.

PEDAGOGUE

Il est allaité, les normes ne sont pas les mêmes pour tous ni partout.

PASSIONNEE

Je le nourris, d'amour et de lait...

(Caroline, septembre 2000)

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lundi 27 octobre 2008

LE TETAïRE

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De La Tour, le nouveau-né, XVIIème siècle

Autrefois, dans les hauts-cantons de l'Hérault, mais aussi dans les Cévennes et en Provence, il y avait des hommes, nommés tétaïres. Ils étaient chargés d'aider l'allaitement des femmes en tétant les seins, par exemple pour favoriser la montée de lait, ou lorsque les seins étaient engorgés (notamment si le nourrisson était décédé), ou encore pour former les bouts de seins. Ils intervenaient auprès de la mère en présence d'autres femmes pour éviter tout malentendu. Ces tétaïres étaient généralement des vieillards ou des simples d'esprit et il est rapporté dans les écrits historiques qu'ils s'attelaient à la tâche en toute bonne foi et a priori sans arrière pensée (cependant dans certains endroits ces hommes étaient quand même enveloppés d'un grand drap pour éviter des contacts physiques...). Cette pratique a eu cours dans les hauts-cantons héraultais jusque dans les années 50. Il est intéressant de noter que dans certains cantons de l'Angleterre et l'Allemagne au XVIIIème siècle, cette fonction incombait à des jeunes filles que l'on instruisait à l'art de téter.

Cependant, ces pratiques restaient ponctuelles. A l'époque, les mères présentaient rarement des complications lors de leur allaitement (engorgements, abcès, manque de lait, etc). Elles étaient entourées d'autres femmes (famille, amies, voisines) qui aidaient et conseillaient dès la naissance : l'entraide féminine était alors spontanée.

samedi 11 octobre 2008

UN SEIN QUI PRODUIT PLUS QUE L'AUTRE

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Cette maman constate que son sein gauche produit moins de lait depuis 1 mois 1/2. Elle ne sent plus le réflexe d'éjection - picotements et tension - à ce sein, mais le ressent toujours au sein droit. Sa Fille a 8 mois. Elle a commencé depuis 1 mois 1/2 a mangé des soupes et des compotes. Elle tète environ 3 fois par jour maintenant. Elle n'apprécie pas de téter ce sein gauche - elle y reste peu de temps et s'énerve - mais tète sans rechigner le sein droit. Du coup la maman propose toujours le sein droit en premier. La maman s'inquiète car elle ne veut pas arrêter d'allaiter. Elle a essayé de tirer du lait mais elle  n'obtient que 20 ml... La maman se demande donc comment avoir plus de lait à ce sein.

Déjà, il est rassurant de savoir que les femmes qui allaitent constatent fréquemment qu'un sein produit plus que l'autre, ou du moins que le bébé préfère téter un sein plutôt que l'autre. Ensuite, il faut savoir que l'on peut allaiter d'un seul sein : le seul inconvénient - s'il en est - étant l'aspect esthétique !

Enfin et surtout, rappelons que la fabrication du lait repose sur le principe de l'offre et de la demande : plus les seins sont tétés, plus ils fabriquent de lait et plus leur capacité de stockage augmente, moins ils sont stimulés, moins ils produisent de lait et moins ils se remplissent rapidement. A noter que la capacité de stockage des seins est variable d'une femme à l'autre et d'un sein à l'autre, ce qui explique les différences de fréquence des tétées d'un bébé à l'autre. D'où l'importance de ne pas se comparer à sa voisine !

Dans le cas présent, la maman constate que son sein gauche produit moins de lait depuis que son bébé mange des solides. Sa production de lait s'est donc modifiée car le bébé tète moins qu'auparavant.

Finalement, la difficulté que rencontre cette maman est en quelque sorte une baisse de lait qu'on pourrait qualifier d'unilatérale... Si elle souhaite augmenter sa production de lait au sein gauche, il est donc nécessaire de le stimuler davantage, en augmentant le nombre de tétées et en donnant les tétées de préférence avant l'alimentation solide. Le fait qu'elle propose le sein droit en premier est légitime puisque le bébé s'énerve à l'autre, mais cela a tendance à accentuer le problème. Une possibilité est de proposer le sein droit en premier pour amorcer le flux de lait, de passer tout de suite après au sein gauche, en pratiquant la compression du sein pour stimuler la production, et de finir par le sein droit.  L'autre possibilité est de tirer du lait à ce sein gauche pour le stimuler davantage.

En somme, une baisse de lait est toujours réversible !

jeudi 18 septembre 2008

UNE POUSSEE DE DECROISSANCE...

C'est une maman désemparée qui est au téléphone. Son bébé a 5 semaines. Jusque là, elle n'avait rencontré aucun problème, l'allaitement se passait très bien et son bébé avait l'habitude de manger toutes les 2 heures. La prise de poids est de plus de 900g le premier mois et les couches sont bien remplies. Depuis hier, rien ne va plus pour cette maman et son bébé... Le bébé ne veut plus systématiquement téter alors qu'apparemment il a faim (la maman dit reconnaître les pleurs typiques de la faim et il cherche le sein dès qu'elle le met contre sa poitrine). Dans la matinée, il a réclamé comme d'habitude, elle l'a mis au sein, mais après avoir tété 5 secondes, il s'est reculé violemment en pleurant de plus belle.

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La première idée qui vient à l'esprit dans une situation comme celle-là c'est que la maman a peut-être une baisse de lait... son bébé s'énerverait car le lait ne vient pas assez vite... Cependant, d'après ce que décrit la maman, il ne s'agit pas de ce problème.

Ce bébé exprime donc autre chose. La maman est dépourvue et stressée devant les réactions de son bébé mais elle a malgré tout trouvé le moyen de le calmer : elle le porte contre elle en marchant. Du coup le bébé se sent bien mais bien sûr il faut faire des kilomètres... Ce qui l'inquiète c'est qu'il refuse de téter. Ce n'est pas habituel. Le comportement particulier de son bébé la perturbe.

Que se passe-t-il donc pour ce bébé ? Il traverse en quelque sorte "une poussée de décroissance": ses besoins alimentaires sont apparemment largement couverts mais il n'en reste pas moins qu'il a des besoins de contact tout aussi importants que la nourriture. Le fait qu'il cherche le sein quand la maman le tient tout contre sa poitrine est un réflexe : ce bébé voudrait bien téter "à vide" histoire de combler son besoin de succion mais du lait vient toujours et cela l'agace. Certains diront que la sucette peut aider mais attention... Même si dans certains cas cela peut sembler soulager les parents, la sucette ne fait pas toujours bon ménage avec l'allaitement... Patience, dans quelques semaines, ce bébé trouvera sans doute une technique pour téter sans trop stimuler la production de lait lorsqu'il le souhaitera.

La conversation a donc permis a la maman d'exprimer sa détresse, de comprendre pourquoi la communication avec son bébé était momentanément brouillée, que le bébé ne fonctionne pas toujours selon les mêmes habitudes et que les parents ont toujours des ressources pour décoder le langage du bébé et trouver des solutions.

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