dimanche 31 mai 2009
DOULEUR COMME DES AIGUILLES
La maman d'un bébé de 3 semaines se plaint de douleurs au téton et à l'aréole qu'elle décrit comme des sensations intenses, comme des aiguilles. Cette douleur est particulièrement présente depuis 3 jours. Les premières semaines ses seins étaient sensibles mais pas de cette manière. La petite, pourtant née à 36 SA + 4 jours, a une succion très vigoueuse depuis sa naissance. La prise du sein est correcte, le bébé n'a pas de sucette, la maman varie les positions mais aucune ne la soulage plus qu'une autre. Elle ressent ces "aiguilles" notamment en début de tétée et entre les tétées. Il y a quelques jours, elle a utilisé un tire-lait Medela® pour faire quelques réserves de lait mais il ne lui semble pas que cela ait déclenché cette douleur. Pour le moment, ne sachant trop que faire, elle applique de la lanoline Lansinoh®. Ces douleurs de type "aiguilles" sont évocatrices d’une candidose mammaire. Généralement la candidose provoque une modification de l’aspect du mamelon qui devient plus rosé et brillant. Et paradoxalement la prolifération du candida (champignon saprophyte présent naturellement sur la peau) ne peut avoir lieu que sur un seul sein, et sans que le bébé non plus soit atteint (muguet dans la bouche). Dans le cas de cette maman, la douleur est présente aux deux seins et ses mamelons n’ont pas changé d’aspect. Le diagnostic, encore incertain, devrait être confirmé par un professionnel, mais la description donne fort à penser qu’il s’agit d’une candidose débutante. En attendant, l’extrait de pépins de pamplemousse est un antifogique naturel très efficace qui peut soulager et rapidement stopper le problème. Il s’agit de l’appliquer dilué (jamais pur) au moins trois fois par jour : une dizaine de gouttes dans un coquetier d’eau. Voir aussi l’article Candidose : que faire ?
jeudi 2 octobre 2008
BOUT DE SEIN TRES SENSIBLE
Georg Scholz
Cactus et sémaphore, 1923
Cette maman a un bébé d'une semaine. Depuis la première mise au sein, elle a mal au bout d'un sein. Il est très sensible, il n'y a pas de plaie mais elle a peur, à l'avance, d'avoir des crevasses. On lui a souvent répété que l'allaitement faisait mal, que les crevasses étaient une épreuve inévitable de l'allaitement... Ces phrases planent dans son esprit et elle pense bientôt avoir des crevasses. Elle a mal au début de la tétée, quand le bébé attrape le sein puis la douleur disparaît pour laisser place à une sorte de gêne, d'hypersensibilité. Elle demande, inquiète, combien de temps cela va durer ?
D'après ce qu'elle décrit, le bébé est bien positionné (tête, épaules et hanches bien alignées), il tète correctement (sa bouche prend une grande partie de l'aréole et non pas simplement le téton, ses lèvres sont retroussées, on voit sa langue en gouttière sous le sein, sa langue n'est donc pas en arrière susceptible d'irriter le bout du sein). Le bébé n'a pas de sucette et il ne suce pas non plus son pouce (dans ces deux cas, la succion peut être perturbée et le bébé prend moins bien le sein). Enfin, les symptômes de la candidose sont absents.
La maman se focalise sur la peur d'avoir des crevasses, c'est son premier allaitement, elle se demande si ce qu'elle ressent est normal. Cependant, le fait est qu'elle a mal quand son bébé prend le sein et elle a bien raison de s'informer au cas où...
Il est vrai que les débuts de l'allaitement sont parfois pénibles car les seins sont pour certaines femmes très sensibles. Mais cela ne dure pas, à moins qu'un véritable problème de succion surgissent. Le premier mois d'allaitement notamment est une période critique où la maman a besoin d'être entendue, accompagnée et aidée lorsqu'elle se plaint que les tétées ne sont pas complètement agréables... Il est très important de pouvoir parler et d'exprimer son ras-le-bol à quelqu'un d'autre que le père (celui-ci n'est pas toujours suffisamment armé pour soutenir sa femme qu'il ne veut pas voir souffrir...) Le bouleversement hormonal, une certaine fatigue et la pression de l'entourage rendent la situation confuse et les doutes s'installent vite. Dire ses difficultés et se rassurer est essentiel pour pouvoir continuer l'allaitement de son bébé dans la confiance.






