le tétou blog

Association de Soutien à l'Allaitement Maternel à Béziers

mardi 22 décembre 2009

ECHOS DES RENCONTRES DE NOVEMBRE ET DECEMBRE 2009

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Don de l'artiste Lea Vivot à l'Hôpital pour enfants malades de Toronto (Ontario, Canada)
à la mémoire de son fils de Morris (7 juillet 1977 - 18 octobre 1979)
en remerciement de tous les bons soins prodigués aux enfants par le personnel hospitalier.

En novembre et décembre, nous avons eu le plaisir d'accueillir de nouvelles et futures mamans.

Voici, en vrac, et pour vous donner envie de participer, un petit aperçu :

M. allaite son bébé de 4 mois et a récemment repris le travail. Elle cherche (et trouve !) des solutions pour concilier son travail de professeur des écoles et son allaitement.

V. allaite son bambin de 17 mois qui lui réclame beaucoup d'attention et de tétées, et s'occupe de ses 3 autres enfants.

C. est professeur des écoles à temps partiel et allaite sa fille de 10 mois. Elle rencontre quelques difficultés avec son entourage qui accepte mal le fait qu'elle ne veuille pas encore donner de sucreries à son bébé.

F. a vécu une situation très douloureuse car son bébé de 8 mois s'est mis à refuser le sein  subitement, quelque temps avant qu'elle reprenne le travail. Après avoir pris contact avec le Tétou par téléphone, elle est venue à une rencontre pour continuer à avoir du soutien. Ainsi, écoutée et comprise dans son désarrois, elle a réussi à se sortir du cercle vicieux de cette situation : les refus généraient énormément de stress chez elle qui désirait tant poursuivre l'allaitement. Concrètement, le stress peut inhiber le réflexe d'éjection au point d'empêcher le lait de venir, certains bébés peuvent ainsi se désintéresser très vite de la tétée, d'autant plus s'ils se nourrissent par ailleurs d'autres aliments et que les tétées sont peu nombreuses.

D. allaite son bambin de 17 mois : elle est fière de continuer d'allaiter malgré le reflux gastro-œsophagien (RGO) persistant chez son fils qui souffre notamment la nuit et mobilise l'énergie de ses parents. Contrairement à ce que l'on entend dire souvent par certains professionnels de la santé, le meilleur aliment pour un bébé qui a un RGO, c'est le lait de sa maman : il se digère vite, aide à cicatriser l'œsophage et protège des infections ORL que le reflux favorise.

E., maman d'un bambin de 20 mois allaité 1 an, est enceinte et se prépare, confiante, pour un nouvel allaitement.

C. et C. attendent chacune un bébé et espèrent "pouvoir allaiter".

D. allaite son bébé de 1 mois mais s'inquiète de "donner trop à téter" à sa fille car celle-ci régurgite. Qu'elle se rassure, les régurgitations ne sont pas graves (à ne pas confondre avec un RGO externe qui se manifeste par des régurgitations importantes et douloureuses). Elles surviennent souvent quand le bébé fait un rot. De plus un bébé allaité ne peut pas être sur-alimenté : il prend ce dont il a besoin, les rejets font partie de cette régulation spontanée et en ayant accès au sein lorsqu'il le souhaite il peut réguler ses apports à sa convenance.

A., qui allaite sa petite de 7 semaines, est ravie de trouver un lieu de parole et d'écoute comme le Tétou.

N. allaite sa fille de 14 mois et souhaite avoir des informations et des conseils sur les habitudes de sommeil.

L., qui allaite sa fille de 4 mois, (un "petit gabarit qui se porte très bien") ressent une certaine pression du pédiatre en prévision de la prochaine visite mensuelle et craint que son bébé ne prenne pas suffisamment de poids au regard des normes.

Louise, maman de 2 garçons allaités, vient participer aux rencontres du Tétou pour s'informer, se former et pouvoir accompagner à son tour, au sein de son association à Sète, des mamans qui allaitent.

à bientôt pour d'autres échos !

***

Et pour l'heure, Le Tétou souhaite à toutes et à tous

d'excellentes fêtes de fin d'année

ponctuées de tendres tétées qui,

espérons-le,

ne soulèveront pas de remarques déplaisantes,

ni de jugements blessants !

Laissons-les téter !
Laissons-les allaiter !

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vendredi 18 décembre 2009

ON M'A DIT QUE JE DEVAIS SEVRER

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Amy Crawford Photography

Cette maman doit se faire opérer très prochainement sous anesthésie générale. On lui a dit qu'elle devait sevrer son bébé de 4 mois pour cette raison, mais également parce qu'il "n'a pris que 10g par jour" ce dernier mois. Elle voudrait donc savoir comment s'y prendre étant donné que son bébé  refuse le biberon quand elle lui propose...

Avant de conseiller cette maman sur le déroulement du sevrage, il est de notre devoir d'association de soutien à l'allaitement de donner de l'information pour qu'elle puisse faire des choix éclairés.

L'hospitalisation et l'anesthésie générale qu'elle va bientôt subir ne signifient pas qu'elle doit nécessairement mettre un terme à son l'allaitement. Il y a des alternatives. En faisant une petite réserve de lait le bébé pourra être nourri en son absence. S'il refuse le biberon, il pourra boire le lait à la tasse. Ensuite, une fois l'opération passée, elle pourra théoriquement reprendre l'allaitement dès son réveil, lorsqu'elle aura retrouver ses capacités mentales normales, ce qui signale que le produit est quasiment éliminé. On entend parfois dire qu'il faut tirer son lait après l'anesthésie pour éliminer les restes du produit fixé dans les tissus adipeux  qui pourraient être relâchés dans le lait et attendre 12 à 24h avant de rependre l'allaitement mais cela n'est que rarement nécessaire ; c'est le cas notamment si la maman a un nouveau-né prématuré, ou souffrant d'hypotension ou de faiblesse générale, et si la maman a subi une chirurgie plastique. Dans le cas présent le bébé a déjà quelques mois ce qui minimise l'impact du produit anesthésiant. Tout ceci sera bien entendu précisé par l'anesthésiste auprès de qui les parents sont en droit de demander toutes les explications nécessaires.

Enfin, le fait de maintenir l'allaitement en cas d'hospitalisation est, pour certaines femmes, moins pénible que de sevrer brutalement. Cependant, cette maman ne pense pas a priori que ce serait une bonne solution pour elle car elle se projette difficilement hospitalisée sans avoir sevré...

D'autre part, le "problème" de la prise de poids lente que signale le pédiatre ne signifie pas non plus qu'il faille sevrer le bébé. La prise de poids n'est qu'un indicateur parmi d'autres de la santé du bébé. En premier lieu, la croissance du périmètre crânien et le développement psycho-moteur indiquent une bonne croissance, ce qui est le cas pour ce bébé. Les urines  sont un autre indicateur fiable pour la maman. Néanmoins, la pression du pédiatre quant au poids est particulièrement forte et remet en question le choix et le désir d'allaiter...

Pour s'assurer du bon fonctionnement de cet allaitement, il s'agit aussi de vérifier quels sont les facteurs qui pourraient interférer. Il s'avère que la maman a pris une contraception orale (pilule progestative microdosée) dès la sortie de la maternité et s'est ensuite fait poser un stérilet aux hormones 1 mois 1/2 après. Le ralentissement de la courbe de poids coïncide avec la pose du stérilet. Qu'en est-il réellement ? Si les contraceptifs oraux influent probablement chez certaines femmes sur la quantité de lait (lire "baisse de lait : pilule contraceptive ?"), il semble que cela ne puisse pas être le cas pour les stérilets à base de lévonorgestrel qui agissent localement.

Bien qu'elle a souhaité des informations sur le sevrage pour les raisons citées plus haut, cette maman a déjà spontanément commencé à stimuler sa production de lait : elle propose désormais les deux seins à son bébé, qu'il tète volontiers. Jusqu'à présent il "réclamait toutes les 3 heures", tétait un seul sein et  s'endormait souvent ensuite avec la sucette.  La maman peut accentuer la stimulation de ses seins en revenant au premier sein lorsque le bébé a terminé de lui-même le deuxième et qu'il souhaite toujours téter, et également proposer plus souvent le sein à son bébé dans la journée. Cette hyper-stimulation aidera beaucoup pour augmenter la quantité de lait et favoriser le gain de poids. L'endormissement au sein est aussi une pratique qui soutient naturellement une bonne lactation, permettant ainsi au bébé d'avoir des rations de lait supplémentaires. Elle peut également boire de la tisane galactogène (lire "recette de la tisane galactogène") ou faire une cure de fenugrec pendant quelques jours (lire "le fenugrec : effet galactogène rapide").

Si cette maman décide finalement de sevrer son bébé, elle fera un choix respectable, forte de toutes ces informations. En attendant, elle va réfléchir...

samedi 28 novembre 2009

LA CHAMBRE D'ALLAITEMENT DANS LES USINES

source Sciences.gloubik.info

La Nature N°2300 - 27 octobre 1917

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Parmi les bouleversements économiques et sociaux apportés par la guerre, il n’en est pas de plus lamentables peut-être que ceux qui atteignent l’enfance. Livré seul aux caprices du sort, l’enfant subit l’effroyable contre-coup des évènements, sans défense et sans appui, sans protection aucune. Et la substitution d’une vie anormale aux conditions courantes l’affecte d’autant plus qu’il est plus jeune et partant plus fragile.

Entre l’allaitement au sein et l’élevage au biberon, il est reconnu que la préférence doit aller au premier mode d’alimentation. Les médecins sont unanimes à recommander aux mères de nourrir leurs enfants pendant la première année au moins. La mortalité infantile sévit surtout parmi les nouveau-nés élevés au lait artificiel : les statistiques le prouvent. Faut-il en chercher la cause dans des précautions d’asepsie d’une exécution souvent difficile ? Peu importe : le fait est là, brutal : le lait maternel représente pour le nourrisson une promesse de vie que n’égale aucune autre.

Le travail des mères dans les usines a provoqué une diminution considérable du nombre des allaitements naturels en faveur du régime artificiel. Il est à peu près impossible à une mère ouvrière de donner le sein. On l’astreint à des heures de présence régulière. La loi n’impose au patron que l’« abri décent », local où les femmes peuvent retrouver pour les tétées leur enfant amené du dehors toutes les trois heures. Quelle personne le législateur entend-il charger du soin de ce transport ? L’ouvrière va-t-elle rogner son modeste salaire pour payer une mercenaire ? Elle se résigne plutôt à cesser de nourrir : l’enfant est confié aux bons soins d’une voisine, ou mis en crèche. Tous les bénéfices de l’allaitement maternel disparaissent.

La chambre d’allaitement dans l’usine a été créée pour écarter ce danger. La travailleuse s’occupera elle-même de son poupon : l’usine le lui permettra, l’encouragera ; elle lui facilitera la tâche en mettant à sa disposition un local approprié. Elle ira parfois jusqu’à la favoriser d’une prime.

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Quelques années avant la guerre, certains industriels ; principalement dans le Nord, des filateurs de Roubaix-Tourcoing et de Lille, avaient compris l’importance de cette question, capitale dans l’œuvre de la protection de l’enfance. La chambre d’allaitement dans les usines

La guerre, avec la succion énorme de personnel féminin qu’ont provoquée les usines multipliées, a ramené l’attention sur l’impérieuse nécessité de rapprocher le bébé de sa mère. Les pouvoirs publics se sont émus (Proposition de loi Engerrand, adoptée par la Chambre.) : une campagne officielle de propagande est aujourd’hui menée auprès de tous les gros fabricants employant la main-d’œuvre féminine pour les inviter à installer une chambre d’allaitement dans leurs ateliers.

Que faut-il au demeurant pour la réaliser ? Une dépense de premier établissement qui peut s’abaisser jusqu’à 17fr. par berceau, comme dans l’installation Motte, ou 22 fr., comme dans l’installation Wibaux-Florin, toutes les deux à Roubaix ; des frais d’entretien chiffrant de 0fr,20 à 0fr,50 par jour et par enfant ([1]).

L’installation ? Un petit local bien aéré, de 10 m. sur 10 : deux cloisons en planches isolant une chambre dans un corps de bâtiment, un atelier d’emballage ou un magasin. On peint en blanc : la poussière doit être visible ; à la chaux, au ripolin si l’on veut faire grandement.

Quelques berceaux, une armoire à linge contenant le trousseau, dix couches par jour et par enfant ; un grand coffre en tôle hermétique où l’on enferme les langes salis, que le blanchisseur prendra chaque matin ; des chaises, une balance, un peu d’eau : voilà plus qu’il n’en faut pour que la mère se trouve à l’aise avec son bébé. Toutes les trois heures elle vient, retrouve l’enfant comme elle l’avait laissé, le change, le nourrit, le caresse un peu : et c’est un joli spectacle que celui des femmes, en vêtements de travail, allaitant leurs poupons roses et souriants, pour retourner ensuite au labeur un instant interrompu. La perte minime de temps consentie par l’industriel se récupèrera en beaux et vigoureux enfants qui rendront au centuple sous forme de main-d’œuvre le prêt à longue échéance qui leur aura été consenti.

Dans l’intervalle des tétées, les bébés sont surveillés par une ouvrière âgée : cette femme assure généralement en même temps un autre travail : réparation de sacs, plissage de cartonnage ; pour peu que le chef y prenne peine, il lui trouve toujours une occupation compatible avec la garderie.

Pour obéir aux conseils de l’hygiène, et éviter que la réunion des petits puisse devenir un foyer infectieux nuisible à tous, on ajoute près de l’entrée un ou deux boxes d’isolement ; la surveillante y fait déposer, en attendant la visite, les poupons malades que son ?il exercé reconnaît bien vite.

Des installations de cette sorte fonctionnent déjà dans plusieurs ateliers, à la commune satisfaction de l’employeur et des employées (Voir Le Bulletin des usines de Guerre : « Les chambres d’allaitement dans les usines de guerre », installations de Levallois-Perret.) ; on ne peut que souhaiter qu’elles se répandent et se développent dans toutes les usines de France où travaillent des femmes, pour le plus grand bien des petits Français, dont la meilleure nourriture est et sera toujours le lait de leur mère.

A. K.

[1] Ligue contre la mortalité infantile, La chambre d’allaitement, p. 8.

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lundi 16 novembre 2009

DU LAIT SANS BEBE

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Anna, Lilias Torance Newton, 1923

Ma seconde fille, je n'ai pu l'allaiter. Non pas parce que mon lait n'était pas bon. Non pas parce que je n'avais pas assez de lait. Non pas parce que j'avais choisi le biberon. Non pas parce que... mais parce qu'elle n'a pas vécu en dehors de mon ventre.

La grossesse s'est bien passée, les seins se sont préparés comme pour ma première grossesse. Quelques jours avant le terme, je comprenais qu'elle ne vivait plus. Après l'accouchement, à l'hôpital, on m'a remis le médicament pour stopper la montée de lait. Cela a dû être efficace, je ne me souviens pas d'avoir eu un engorgement. De retour de la maternité, je devais continuer à le prendre mais je le supportais mal physiquement et moralement.
Surtout, je n'avais pas envie de couper ce lait. Je n'étais pas encore prête à laisser s'effacer ce lien. C'était la seule chose qui me rattachait à elle. J'ai eu du lait pendant peut-être 3 ou 4 mois, peut-être plus ou moins, je ne sais plus.
Les premières semaines, ces perles de lait étaient la seule preuve que je n'avais pas rêvé, qu'elle avait bien existé.
 
Emma est née sans vie il y a trois ans, cela veut dire qu'elle est décédée in utéro et que j'ai accouché "normalement" (elle est inscrite sur notre livret de famille).
Ces souvenirs de non-allaitement me reviennent et je les dévoilent car il me semble juste d'évoquer aussi ces mamans qui ne peuvent aboutir à ce beau projet.
 
Si ces mamans sont comme moi, elles n'en parlent pas et vivent seules cette période de lait sans bébé.
 
Je suis aujourd'hui une heureuse maman qui allaite sa troisième fille de 15 mois avec les hauts et les bas de l'allaitement longue durée.
 
Nadège

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samedi 14 novembre 2009

CITATION

"La supériorité de l'allaitement au sein
sur le biberon
réside essentiellement
dans le fait que son emballage
est plus agréable à l'œil."

Marcel Etienne Grancher

(journaliste et écrivain lyonnais, 1897-1976)

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vendredi 6 novembre 2009

PRIERE DE NE PAS DERANGER

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(photo in Eco Child's Play)

Ce temps volé à aimer en silence, je le porterai en moi jusqu'à ma mort.
Ce temps de peau, de succion, de lèvres humides, de regards saouls,
de goutte de lait qui roule vers le menton,
cette petite main qui s'accroche,
cette parenthèse de confiance et d'abandon,
de rots qui délivrent,
je l'emporte au paradis comme un souvenir entre l'écrin de mes deux seins.
Prière de ne pas déranger.

Josée Blanchette 
(chroniqueuse québécoise)

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samedi 24 octobre 2009

ALLAITER D'UN SEUL SEIN ?

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Tamara de Lempicka

C'est une question que l'on peut se poser à un moment donné de son allaitement, pour diverses raisons. Qu'il s'agisse d'une douleur persistante et insupportable au mamelon ou au sein (crevasse, mastite), de différences anatomiques très importantes entre les deux seins, de l'ablation d'un sein dans un cas extrême, d'un bambin qui refuserait momentanément un sein au profit de l'autre... Dans tous ces cas on peut allaiter avec un seul sein.

Comment est-ce possible ? Lorsque le bébé tète moins (ou plus du tout) d'un côté et que le sein est de ce fait moins (ou plus du tout) stimulé, la production lactée diminue ou se tarit de ce côté seulement. Quant à l'autre sein, il s'adapte à une plus grande demande en augmentant la quantité de lait fabriqué. Les mères de jumeaux n'ont finalement qu'un sein pour chaque bébé et allaitent sans problème. Les mères de triplés quant à elles, qui ont moins d'un sein par bébé, si l'on peut dire (!) peuvent également parfaitement nourrir leur bébé. Rappelons-nous qu'autrefois les nourrices allaitaient plusieurs enfants !

Cependant, si le passage à un sein unique pour allaiter se fait trop rapidement, sans transition,  il y a risque d'engorgement. Dans ce cas, il s'agit de calmer l'engorgement à l'autre sein sans stimuler pour ne pas accroître le problème (pas de massage mammaire, pas de tire-lait) avec l'application par exemple de feuilles de chou (voir l'article Feuilles de chou et "montée de lait") sauf bien entendu si la maman souhaite entretenir sa production de lait au sein non tété, comme dans le cas d'un refus momentané de la part de l'enfant.

Dans certains cas exceptionnels, des mamans qui ont allaité d'un seul sein ont rencontré des problèmes de sensibilité extrême, voire de crevasse. Est-ce à cause de la trop grande sollicitation ? D'un positionnement incorrect du bébé ? De mamelons fragilisés par des retraits trop violents de la bouche du bébé ? On peut se poser ces questions au regard des pratiques d'allaitement dans certaines tribus africaines où les bébés tètent plus de 90 fois par jour sans nuire aux mamelons de leurs mamans. Le corps de la femme moderne serait-il plus fragile ?...

Pour d'autres mamans, le fait d'allaiter d'un seul sein peut présenter un désagrément d'ordre esthétique. L'asymétrie que cela engendre étant plus difficile à assumer dans notre société où l'on prône la perfection. En dehors de ces considérations il est vrai que sous un joli vêtement avoir un sein plus petit que l'autre peut être pénible à vivre... Sachant que cela est transitoire, des mamans trouvent, en attendant et avec humour, des solutions en rembourrant le bonnet trop grand de leur soutien-gorge  avec du coton par exemple.

Avec un ou deux seins, à chacune ses choix et ses solutions !

mardi 20 octobre 2009

ECHOS DES RENCONTRES D'OCTOBRE 2009

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Faire face au regard des autres est un thème récurrent pendant les rencontres...

S. allaite son bébé de 4 mois. Elle est venue parler notamment de ses difficultés à faire accepter son allaitement par son entourage qui juge qu'il est temps "qu'elle passe à autre chose". En somme on lui fait comprendre qu'il est temps qu'elle redevienne "femme"...  Cette maman est déterminée à suivre son instinct pour s'occuper de son bébé comme elle le souhaite mais ses choix l'obligent en quelque sorte à se couper d'une certaine vie sociale au regard des pressions et de l'incompréhension auxquelles elle se heurte.

C. allaite son bambin de 19 mois et connaît bien ce problème avec sa famille proche. Sa mère (elle-même allaitée 3 ans) et sa sœur (qui n'a pas d'enfant) sont en effet farouchement "contre" l'allaitement. Heureusement que sa grand-mère, qui, en son temps, a allaité longtemps ses enfants, l'encourage et la soutient.

N. allaite sa fille de 14 mois et a régulièrement rencontré des difficultés pour assumer son allaitement et son maternage lorsqu'elle est confrontée au regard de certaines personnes. Pour cette maman, être par exemple invitée  à un repas par son entourage familial et amical c'est comme partir sur le front... un véritable combat pour ne pas céder et s'écrouler face aux regards, aux remarques, aux réactions hostiles.

A. qui a allaité son fils 2 ans et V. qui allaite toujours sa fille de 3 ans 1/2 font part de leurs solutions : laisser dire les gens et ne pas trop parler de son allaitement (sauf avec des personnes bienveillantes), le temps fera le reste, quand on allaite longtemps les gens cessent de questionner, d'importuner la maman comme s'ils pensaient que le cas est désespéré !

Un bébé qui régurgite subitement... pourquoi ?... que faire ?...

V., allaite son bébé d'un mois et demi. Depuis 15 jours, il régurgite la journée mais pas la nuit. Le problème est-il dû au réflexe d'éjection fort ? Apparemment non. La position allongée conviendrait-elle mieux ? La maman a essayé la journée, mais cela ne réduit pas les régurgitations. Depuis 2 jours, elle semble avoir trouvé une solution : après la tétée, le fait d'allonger son bébé dans le transat quelques instants et de le prendre ensuite sur ses genoux en position verticale provoque un rot libérateur sans provoquer le rejet du lait.

Douleurs persistantes au sein...

A. allaite son bébé de 3 mois malgré des douleurs et une crevasse au sein droit qui tardent à disparaître. Pour le moment elle ne peut pas se passer de bouts de sein en silicone qui atténuent les douleurs. Elle essaie régulièrement de donner le sein sans les bouts de sein mais elle peine beaucoup et doit finalement continuer à les utiliser. Elle ne s'attendait pas à cet allaitement difficile, ayant allaité son fils 3 ans sans difficulté. Venir aux rencontres du Tétou lui permet d'exprimer son désarroi, sa déception et de trouver de l'aide pour surmonter peu à peu ses difficultés.

à bientôt pour d'autres échos !

jeudi 15 octobre 2009

EST-CE QUE MON LAIT EST BON ?

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Te respirer
, KO

La maman d'un bébé de 10 jours se demande si son lait est bon. Cette petite fille réclame beaucoup et pleure si on la pose dans son lit après la tétée. Elle est née 3 jours après le terme, l'accouchement par voie basse s'est bien passé et elle n'a reçu ni complément ni sucette. Selles et urines sont, depuis, bien présentes et la qualité de la tétée a été vérifiée par une sage-femme la veille de l'appel. Cependant, ce bébé n'a pas encore tout à fait repris son poids de naissance.

La maman a l'impression qu'elle ne sait pas décoder les besoins de son bébé. « Je ne sais pas répondre autrement qu’en lui donnant le sein ». Certaines tétées "se passent bien", le bébé s'endort repu, décontracté, notamment le matin et la nuit mais dans l'après-midi et la soirée les choses se gâtent pour la maman car sa petite pleure dès qu'elle la retire du sein et elle ne sait pas quoi faire pour la calmer. Hier, ne sachant plus que faire et suivant certains principes qu'elle avait entendu, elle a l'a laissée pleurer "parce que ça ne faisait pas 2 heures au moins". Aujourd'hui, elle s'est décidée à laisser son bébé téter plus souvent "toutes les une heure et demi" quand elle réclamait.

Cette maman est découragée et prête à abandonner l’allaitement pour donner des biberons de lait artificiel. C’est son premier bébé, elle ne s’attendait pas du tout à « ça » et pense du coup que cette situation n’est pas normale. Les pleurs lui renvoient une mauvaise image d’elle-même et remettent en question la qualité de son lait.

Du point de vue du comportement du bébé, tout est pourtant normal. Ce bébé n’ayant pas encore repris son poids de naissance, il réclame beaucoup une grande partie du temps pour stimuler la production de lait. C’est, on pourrait dire, comme une poussée de croissance extraordinaire qui va se prolonger tant que les besoins physiologiques du bébé ne seront pas satisfaits. Mais cela ne convient pas forcément à la maman qui espérait que son allaitement se passerait autrement…

Cette maman a tendance à minimiser ses compétences, d’autant plus qu’elle n’est pas soutenue et que face aux pleurs de son bébé elle se sent impuissante. Pourtant ses compétences de mère sont évidentes : elle sait observer son bébé, la déglutition, les urines, les selles, elle connaît l’évolution de ses demandes, les moments où les tétées sont plus paisibles, elle sait instinctivement quand elle peut changer de sein ou au contraire prolonger la tétée. Jour après jour, elle découvre son véritable travail de maman, au travers de l’observation, de l’écoute, elle  apprend à connaître son bébé mais le chemin n'est pas régulier car le bébé évolue et il y a toujours des moments plus difficiles que d’autres.  Toutes les jeunes mamans connaissent des périodes pénibles et de découragement. Personne ne l’ayant encore rassurée sur ce point c’est la raison pour laquelle elle ressent tant de désarrois, se pose tant de questions, perd sa confiance et se demande si elle fait « bien ».

Cette jeune mère fait du mieux qu’elle peut, et elle a énormément besoin d’être encouragée et soutenue.

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lundi 28 septembre 2009

L'ALLAITEMENT LONG DIMINUE LE RISQUE DE CANCER DU SEIN

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photo Raphaël Goetter, polychromies

Source Institut National du Cancer

L'allaitement est un facteur protecteur du cancer du sein. Allaiter diminue le risque de cancer du sein (pour la femme qui allaite, pas pour son enfant) et cette diminution est d'autant plus forte que la durée cumulée d'allaitement est longue.

Impact de l'allaitement sur le risque de cancer

L'allaitement diminue le risque de cancer du sein (pour la femme qui allaite, pas pour son enfant). Cette diminution du risque de cancer du sein est d'autant plus forte que la durée cumulée d'allaitement est longue (cumulée, c'est-à-dire que l'on additionne la durée de l'allaitement pour tous les enfants de la femme considérée). L'allaitement n'a pas d'impact sur les autres types de cancer.

Comprendre les mécanismes de protection

On quantifie la diminution du risque de cancer du sein avec l'allaitement en fonction de sa durée cumulée. Cette notion désigne la somme des périodes passées à allaiter l'ensemble des enfants d'une femme. Ainsi, en terme de diminution de risque, une femme ayant allaité un seul enfant pendant un an aura la même diminution de risque qu'une femme ayant allaité deux enfants pendant 6 mois chacun. La durée cumulée d'allaitement est pour cet exemple de 12 mois.

Sous cet angle de vue, on évalue une diminution du risque de cancer du sein de l'ordre de 4-5% pour une durée cumulée de 12 mois. Une femme allaitant son (ses) enfant(s) pendant une durée totale de 18 mois verra son risque de cancer du sein diminuer d'environ 6-7%.

Avant la première grossesse à terme, les cellules mammaires ne sont pas encore différenciées. On entend par ce terme que leur rôle définitif n'est pas encore déterminé. Elles sont proches à ce stade de cellules souches instables et plus fragiles. Quand une première grossesse est menée à terme, la différenciation des cellules mammaires s'effectue. Les cellules mammaires se stabilisent en acquérant leur fonction finale et sont moins enclines à subir des mutations génétiques pouvant aboutir à une cancérisation des cellules.
La lactation se superpose à ce phénomène et agit selon plusieurs mécanismes possibles :

  • elle complète la différenciation des cellules mammaires ;
  • elle diminue l'imprégnation estrogénique aussi longtemps que dure l'allaitement ;
  • elle permettrait l'évacuation de cancérogènes présents dans les cellules mammaires.

C'est probablement le deuxième mécanisme qui explique le mieux l'impact de l'allaitement sur le risque de cancer du sein. En effet, l'imprégnation hormonale et spécifiquement estrogénique que vit une femme au cours de sa vie (entre la puberté et la ménopause) conditionne en partie son risque de cancer du sein. Plus l'imprégnation estrogénique est importante, plus le risque de cancer du sein augmente. Inversement, plus cette imprégnation est réduite, moins le risque est important. Les grossesses représentent des périodes de diminution de l'imprégnation estrogénique. Cette diminution est maintenue pendant l'allaitement.

Sources

  • Bernier MO, Plu-Bureau G, Bossard N, Ayzac L, Thalabard JC. Breastfeeding and risk of breast cancer: a metaanalysis of published studies. Hum Reprod Update. 2000;6(4):374-86.
  • Collaborative Group on Hormonal Factors in Breast Cancer. Breast cancer and breastfeeding: collaborative reanalysis of individual data from 47 epidemiological studies in 30 countries, including 50302 women with breast cancer and 96973 women without the disease. Lancet. 2002;360(9328):187-95.
  • Helewa M, Levesque P, Provencher D, Lea RH, Rosolowich V, Shapiro HM; Comité sur les Maladies du Sein, Comité Exécutif et Conseil des Obstétriciens et Gynécologues du Canada. Cancer du sein, Grossesse et Allaitement. J Obstet Gynaecol Can. 2002;24(2):164-80

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