mardi 10 novembre 2009
RIEN QUE LE LAIT DE MAMAN
Mère allaitant son enfant, Mary Cassatt, 1906
Un bébé de 7 mois ½ refuse d’avaler autre chose que le lait de sa maman : ni purées faites maison, ni petits pots tout prêts… Celle-ci se demande si c’est normal, d’autant plus que le pédiatre a constaté que le bébé n’avait pris « que 100g » depuis la dernière visite, le mois dernier. Par ailleurs le bébé va très bien, il grandit de façon satisfaisante et la taille de son crâne se développe également parfaitement bien. Sa maman trouve que son bébé se « développe très vite », il « bouge beaucoup », « il veut déjà se tenir debout ». Au moment des repas, il est assis à côté de ses parents dans une chaise haute. Il a tendance à ouvrir la bouche comme en signe d’appétit mais lorsque la nourriture arrive il refuse. La maman n’est pas particulièrement inquiète mais les avis du pédiatre et de certaines personnes de son entourage - qui pensent que parce qu’il est très actif il a désormais besoin d’autre chose que du lait - remettent en question son choix de se laisser guider par les besoins de son bébé.
En théorie, on recommande de diversifier l’alimentation des bébés nourris au lait maternel vers 6 mois. Cependant, en pratique, on constate que certains bébés refusent de manger des aliments solides à 7 mois, 9 mois, 1 an et même parfois au-delà. Tant que ces bébés vont bien,et qu’ils reçoivent le lait maternel comme ils le souhaitent, il n’y a pas lieu de s’inquiéter (le lait maternel devant de toute façon largement primer dans l’alimentation du bébé jusqu’à au moins un an). Ils ne sont pas prêts et les forcer ne ferait qu’accentuer le refus. Les bébés exclusivement allaités savent déjà parfaitement maîtriser leurs apports alimentaires si tant est qu’on leur en laisse la possibilité en n’imposant pas d’horaire pour téter. C’est pourquoi, il semble également important de les laisser se familiariser avec la nourriture solide à leur façon, c’est-à-dire avec leurs doigts, et à leur rythme, autrement dit sans instaurer de repas solide systématique. A noter qu’un bébé commence à être prêt à manger lorsqu’il a au moins 2 dents, qu’il se tient bien assis et qu’il a accédé au stade de motricité fine qui lui permet de saisir une miette entre son pouce et son index. Ainsi, lorsqu’on laisse le bébé s’intéresser à la nourriture de son propre grès et avec ses doigts on constate que l’usage de la cuillère n’est pas du tout obligatoire, le bébé apprenant seul à la manipuler lorsque sa motricité le lui permettra. Enfin, on entend dire que le lait maternel est pauvre en fer mais ce n’est pas vrai : le fer contenu dans le lait maternel est peut-être quantitativement plus faible que celui surdosé d’un lait artificiel mais il est en revanche totalement assimilable, ce qui n’est pas le cas de celui du lait artificiel.
Lorsqu’on a la possibilité de respecter le rythme de l’enfant, la diversification alimentaire débute naturellement quand l'enfant est prêt, avec des périodes où l’enfant s’intéresse énormément aux aliments et d’autres moins. Le plus important n’étant pas de chercher à « engraisser » le bébé comme le prétendent certains mais plutôt de favoriser une curiosité naturelle envers la nourriture et une autonomie quant aux quantités nécessaires pour répondre à ses besoins (et qui ne sont pas forcément celles que l’on suppose a priori en fonction de normes établies…).
Si cette maman souhaite intéresser davantage son bébé à la nourriture de la table familiale (et sans pour autant se compliquer la vie à faire des petits plats exprès pour son bébé) elle a tout intérêt, au moins les premiers temps, à tenir son bébé sur ses genoux quand elle mange. Le bébé aura la curiosité de piocher des aliments dans l’assiette et de les porter à sa bouche, dans un premier temps sans doute pour simplement les sucer et ensuite pour commencer à en avaler des petites quantités. Si des morceaux semblent trop gros, la maman peut les prémâcher ou les découper un peu. S'il y a des antécédents d’allergies dans la famille, certains aliments seront évités (laitages, œufs, poisson, fruits exotiques, etc, la liste est à compléter auprès d’un spécialiste). En règle générale, lorsqu’il n’y a pas d’allergies connues, le bébé peut goûter à tout ce qui l’intéresse et c’est tant mieux car c’est ainsi qu’il développe son goût !
Pour se documenter sur le sujet, on peut lire un excellent dossier consacré à la diversification dans le hors série n°4 du magazine Grandir Autrement intitulé « Vers une alimentation consciente ».
vendredi 6 novembre 2009
PRIERE DE NE PAS DERANGER

(photo in Eco Child's Play)
Ce
temps volé à aimer en silence, je le porterai en moi jusqu'à ma mort.
Ce temps de peau, de succion, de lèvres humides, de regards saouls,
de
goutte de lait qui roule vers le menton,
cette petite main qui
s'accroche,
cette parenthèse de confiance et d'abandon,
de rots qui
délivrent,
je l'emporte au paradis comme un souvenir entre l'écrin de
mes deux seins.
Prière de ne pas déranger.
Josée Blanchette
(chroniqueuse québécoise)
lundi 2 novembre 2009
REFUS DE TETER
Kupka, Autour d'un point, 1911
Depuis bientôt une semaine, ce bébé de 8 mois refuse de téter comme il le faisait jusqu'à présent, c'est-à-dire 4 fois par jour: à 10h, à midi après un petit repas, pour le goûter, et le soir après un autre petit repas. Sa maman a tout de même réussi à lui faire prendre le sein plusieurs fois depuis, mais c'est toute une entreprise qui nécessite la présence et l'aide du papa, qui parvient tant bien que mal à positionner le bébé pour qu'il daigne téter. La maman tire son lait car elle craint de ne plus en avoir assez et a peur que le bébé ne reçoive pas assez de liquide par ailleurs. Elle a donné le lait à son bébé à quelques reprises à l'aide d'une pipette. Cependant, elle est très inquiète, très stressée car elle n'est pas prête à un sevrage précoce. Elle ne comprend pas ce qui se passe. Depuis quelques temps son bébé est facilement distrait, c’est pourquoi les tétées doivent avoir lieu à l’écart de toute sollicitation. Lorsqu'elle lui présente le sein, il est très agité, se tortille, lâche le sein, la regarde, parfois aussi tape sa tête de sa main et finit par se calmer si le lait arrive. La maman n'apprécie pas ces prémices à la tétée, elle pense qu’il joue au sein, qu’il ne veut pas téter, de ce fait parfois son lait tarde à venir ou ne vient pas du tout, et cela la rend nerveuse. Cercle vicieux. Son bébé l’a toujours habituée à téter à des moments précis et réguliers, et ces comportements la perturbent.
Que se passe-t-il pour ce bébé ? Il a fait fait beaucoup de progrès moteurs dernièrement, il est de plus en
plus actif, il peut maintenant agir sur les objets et les personnes, ce
qui est tout à fait normal et signe d’un développement
harmonieux. Au moment des tétées, il manifeste davantage sa personnalité, appréciant une introduction ludique à la tétée, et comme beaucoup de bébés de son âge, il aime le mouvement et s'agite facilement au sein, notamment si le lait tarde à venir. Enfin, il dort dans sa chambre depuis environ 15 jours.
Que se passe-t-il pour la maman ? Elle est déstabilisée par les attitudes et les refus répétés de son bébé. Le schéma d’allaitement qu’elle connaît a changé. Elle est épuisée par un manque de sommeil chronique : son bébé se réveille 1 ou 2 fois par nuit mais comme elle ne parvient absolument pas à l’allaiter allongée, elle ne peut pas se laisser aller à la détente que procure la tétée et trouve très difficilement le sommeil quand elle se recouche. En tout et pour tout, elle dort 4 heures… D’autre part, le fait de s’occuper de son bébé l’a coupée d’une vie sociale et d’un rythme d’activités dont elle avait besoin. Pourtant, elle dit souhaiter vraiment continuer d’allaiter. Elle retournera au travail dans 1 mois.
Que se passe-t-il entre la mère et son bébé ?
Le lait ne vient-il pas assez vite et le bébé s'impatiente-t-il au point de se détourner du sein ?
Le bébé refuse-t-il finalement de téter à cause de l'ambiance trop stressante des tétées ?
Son développement psychomoteur lui permettant d’être
davantage acteur pendant la tétée (agitation et jeux au sein), ce bébé suscite-t-il simplement une intéraction avec sa mère qu'elle-même interprète comme un refus ?
Sent-il une certaine ambivalence chez sa maman, tiraillée entre le désir de poursuivre l'allaitement et le besoin de retrouver des liens sociaux ?
Tous ces facteurs - et d'autres - sont-ils en jeu dans cette situation ?
Quelles solutions pour cette maman désemparée ? Sans doute plus de souplesse, comme elle le dit à la fin de la conversation, plus de lâcher prise face à cette situation. Le forcer à téter ne ferait qu'accentuer les refus, et la mise en place des stratagèmes avec l'aide du papa n'est pas forcément une solution à long terme... Mais ce n'est pas si simple de laisser son bébé choisir et de se sentir rejetée comme mère nourricière... Favoriser le contact, de préférence en peau-à-peau, sans chercher absolument à le nourrir. Continuer de tirer son lait pour maintenir sa production de lait. Avec patience et calme, cet épisode difficile ne sera finalement peut-être qu’une transition vers un nouveau départ pour son allaitement.
jeudi 15 octobre 2009
EST-CE QUE MON LAIT EST BON ?

Te respirer, KO
La maman d'un bébé de 10 jours se demande si son lait est bon. Cette petite fille réclame beaucoup et pleure si on la pose dans son lit après la tétée. Elle est née 3 jours après le terme, l'accouchement par voie basse s'est bien passé et elle n'a reçu ni complément ni sucette. Selles et urines sont, depuis, bien présentes et la qualité de la tétée a été vérifiée par une sage-femme la veille de l'appel. Cependant, ce bébé n'a pas encore tout à fait repris son poids de naissance.
La maman a l'impression qu'elle ne sait pas décoder les besoins de son bébé. « Je ne sais pas répondre autrement qu’en lui donnant le sein ». Certaines tétées "se passent bien", le bébé s'endort repu, décontracté, notamment le matin et la nuit mais dans l'après-midi et la soirée les choses se gâtent pour la maman car sa petite pleure dès qu'elle la retire du sein et elle ne sait pas quoi faire pour la calmer. Hier, ne sachant plus que faire et suivant certains principes qu'elle avait entendu, elle a l'a laissée pleurer "parce que ça ne faisait pas 2 heures au moins". Aujourd'hui, elle s'est décidée à laisser son bébé téter plus souvent "toutes les une heure et demi" quand elle réclamait.
Cette maman est découragée et prête à abandonner l’allaitement pour donner des biberons de lait artificiel. C’est son premier bébé, elle ne s’attendait pas du tout à « ça » et pense du coup que cette situation n’est pas normale. Les pleurs lui renvoient une mauvaise image d’elle-même et remettent en question la qualité de son lait.
Du point de vue du comportement du bébé, tout est pourtant normal. Ce bébé n’ayant pas encore repris son poids de naissance, il réclame beaucoup une grande partie du temps pour stimuler la production de lait. C’est, on pourrait dire, comme une poussée de croissance extraordinaire qui va se prolonger tant que les besoins physiologiques du bébé ne seront pas satisfaits. Mais cela ne convient pas forcément à la maman qui espérait que son allaitement se passerait autrement…
Cette maman a tendance à minimiser ses compétences, d’autant plus qu’elle n’est pas soutenue et que face aux pleurs de son bébé elle se sent impuissante. Pourtant ses compétences de mère sont évidentes : elle sait observer son bébé, la déglutition, les urines, les selles, elle connaît l’évolution de ses demandes, les moments où les tétées sont plus paisibles, elle sait instinctivement quand elle peut changer de sein ou au contraire prolonger la tétée. Jour après jour, elle découvre son véritable travail de maman, au travers de l’observation, de l’écoute, elle apprend à connaître son bébé mais le chemin n'est pas régulier car le bébé évolue et il y a toujours des moments plus difficiles que d’autres. Toutes les jeunes mamans connaissent des périodes pénibles et de découragement. Personne ne l’ayant encore rassurée sur ce point c’est la raison pour laquelle elle ressent tant de désarrois, se pose tant de questions, perd sa confiance et se demande si elle fait « bien ».
Cette jeune mère fait du mieux qu’elle peut, et elle a énormément besoin d’être encouragée et soutenue.
lundi 12 octobre 2009
SMAM 2009
La Semaine Mondiale de l'Allaitement Maternel
débute aujourd'hui 11 octobre 2009 et se terminera dimanche 18 octobre.
Picasso, Maternité
Une semaine pour sensibiliser parents, futurs parents et professionnels de santé sur la supériorité indéniable du lait maternel, quelque soit l'âge du bébé, et d'autant plus s'il est prématuré.
Une semaine pour changer l'image de l'allaitement et le valoriser dans notre mode de vie moderne où reprise du travail rime trop souvent avec sevrage.
Une semaine pour informer sur les bienfaits de l'allaitement pour le bébé comme pour la mère.
Une semaine pour rappeler au passage que l'allaitement maternel est la norme biologique du petit humain.
Cette année le thème officiel et mondial de la SMAM 2009 est l'allaitement maternel, un atout en situation de crise. Ce thème peut paraître inadapté en France... Pourtant, la seule reprise du travail constitue très souvent une situation de crise pour la mère qui ne souhaite pas arrêter l'allaitement. D'autre part, la prévention de certaines maladies graves est au centre
des préoccupations de santé publique, et l'allaitement est bel et bien
un atout majeur dans ce domaine. De plus, personne n'est à l'abri des impondérables des moyens de transport comme le train, ni des catastrophes naturelles. Enfin, tous les parents ne vivent pas dans les mêmes conditions socio-économiques et n'ont pas les mêmes facilités d'accès aux soins. Les situations d'urgence et de précarité sont une réalité et l'allaitement maternel une ressource inestimable pour garantir la santé de l'enfant.
En ce début de SMAM 2009, Le tétou tient à souhaiter à toutes les mamans qui allaitent, ainsi qu'aux femmes enceintes de vivre leur allaitement dans les meilleures conditions possibles, accompagnées par des professionnels de santé formés et bienveillants, qui sauront encourager et guider notamment lors d'un démarrage difficile de l'allaitement (prématurité, hospitalisation...).
Comme la grossesse et l'accouchement, l'allaitement maternel est une période sacrée de la vie de la femme qui mérite soutien et respect de la part de tous.
mardi 1 septembre 2009
"PETITE" TETEUSE
Upward, Kandinsky, 1929
Un bébé de 1 mois est qualifié de "petite" téteuse par sa maman. Cela se caractérise par le fait que ce bébé ne tète que 5 minutes puis s'endort, etc... La maman se plaint, elle ne peut pas "la poser" car aussitôt fait elle se réveille. Les tétées sont longues, et la maman se désespère de pouvoir faire autre chose que d'allaiter. On lui a suggéré de donner un biberon, elle ne sait pas trop quoi penser. Cette petite fille, née à terme par césarienne, a perdu 10% de son poids après la naissance, qu'elle a repris à trois semaines. Actuellement, elle mouille plusieurs couches jetables par jour et a également plusieurs petites selles. La prise de poids se poursuit. La santé de ce bébé, confirmée par l'avis du pédiatre et de la sage-femme, est donc excellente.
Cette situation est très fréquente et normale, le bébé sait d'instinct ce dont il a besoin. Cependant pour certaines mamans, il est difficile de s'adapter au rythme d'un bébé qui a besoin de téter souvent et de garder un contact physique. De plus, lorsqu'un bébé naît par césarienne, le processus physiologique de la naissance est perturbé, et même si tout s'est passé pour le mieux, le bébé a un besoin de contact accru. Côté digestion, l'estomac d'un bébé à la naissance est minuscule (de la taille d'un ongle de pouce environ). Chaque jour sa capacité augmente un peu plus.
Le problème n'est pas que ce bébé ne prend pas assez mais qu'il prend juste ce dont il a besoin, à son rythme... Le problème n'est pas que ce bébé ne dort pas mais qu'il dort contre sa maman...
Le lait maternel se digérant rapidement (ce qui ne veut pas dire qu'il n'est pas nourrissant, halte aux idées reçues !) le bébé peut avoir besoin de téter souvent, notamment lors des grosses chaleurs. Pourtant, certains parents sont parfois tentés (sous la pression de l'entourage notamment) de donner un biberon de lait en poudre pour que le bébé dorme et laisse sa maman tranquille. Le lait de vache à partir duquel il est fabriqué n'a aucune comparaison possible avec la qualité du lait maternel. Ce lait industriel, plus lourd à digérer, n'est en aucun cas une recette miracle qui garantirait aux parents la tranquillité, et risque même d'engendrer des complications digestives et allergiques...
Cette maman, forte de toutes ces explications, n'est pas forcément plus avancée... car, seule à s'occuper de son bébé, son seuil de tolérance est souvent mis à rude épreuve tout au long de la journée (sans compter qu'elle a 2 autres enfants). Après avoir dit son ras-le-bol, elle convient que le linge et le ménage peuvent attendre un peu, qu'il est vrai qu'elle a besoin de dormir mais qu'elle ne pensait pas pouvoir s'autoriser à le faire dans la journée, allongée avec son bébé, pensant à tout ce qui est à faire dans la maison... La suggestion de porter son bébé pour pouvoir vaquer à quelques occupations lui plaît beaucoup et elle s'est d'ailleurs procurée une écharpe dont elle va apprendre à se servir très bientôt auprès d'une association : le portage va lui changer la vie !
mardi 25 août 2009
BEBE QUI HURLE PENDANT LA TETEE
La nourriture affective, KO, http://kocreations.canalblog.com/
La maman d'un bébé de 25 jours est désemparée. Pendant les tétées, son bébé se tord en tous sens et hurle entre deux gorgées. Bien que son entourage lui dit que cela va passer, elle pense que son bébé a un problème, peut-être souffre-t-il en avalant le lait... Ce comportement avait un peu cessé à la suite d'une prescription de C*** par le pédiatre mais finalement le problème persiste. La maman donne un sein par tétée mais si le bébé réclame
au bout d'une heure, elle donne l'autre sein. Elle constate que son lait
jaillit très fort, arrosant parfois le visage du bébé. En plus de son inconfort au sein, ce bébé a depuis quelques jours des selles vertes. En ce qui concerne la prise de poids, tout va très bien, le bébé a déjà beaucoup grossi.
Apparemment, cette maman a un réflexe d'éjection fort (REF), qui incommode son bébé au point de le signaler très clairement par des cris pendant la tétée. Dans ce cas de figure, le problème est accentué par le fait que les seins sont trop stimulés. Dans un cas comme celui-ci, il est fortement conseillé d'attendre au moins 2 heures (voire 3h) avant de changer de sein. Lorsque le flux est trop fort, on peut laisser s'écouler le lait quelques instants puis remettre le bébé au sein. Les positions peuvent également aider à diminuer la force du flux de lait : tétées allongées (bébé et maman sur le côté) ; bébé couché sur le ventre de la maman (couchée à plat dos) ; bébé à cheval sur une cuisse de la maman (en position assise). Les selles vertes sont très souvent la conséquence d'un REF (cependant les selles vertes peuvent avoir d'autres causes comme certains aliments ou médicaments absorbés par la mère). En effet, un bébé qui reçoit de grandes quantités de lait absorbe du même coup beaucoup de lactose que l'estomac ne peut pas totalement digérer, d'où des gazs intempestifs pour le bébé, fameuses coliques qui s'estompent au fil des semaines.
Le REF est donc un problème à ne pas négliger. Bien que la plupart des bébés réussissent à gérer le flux de lait en grandissant, d'autres finissent par refuser le sein ou ne l'accepter qu'en état de demi-sommeil.
mercredi 19 août 2009
ALLAITER PENDANT LA CANICULE
Lorsqu'il fait chaud, beaucoup de mamans se demandent si elles doivent donner de l'eau à leur bébé. C'est un des motifs d'appel les plus fréquents en été. Les mamans sont d'autant plus inquiètent que leur entourage leur rebat les oreilles avec des "mais il faut lui donner un biberon d'eau !", "tu ne lui donnes pas d'eau, c'est pas bien", "il pleure parce qu'il a soif, il va se déshydrater ce petit !", etc.
Un bébé allaité exclusivement et à la demande n'a pas besoin de boire de l'eau en plus du lait maternel.
Précisons à la demande : le bébé peut avoir accès au sein quand il le souhaite, aucun horaire n'est imposé, il n'a pas de sucette, et s'il en a une (pour les bébés d'au moins 2 mois) on lui propose quand même le sein pour qu'il puisse boire suffisamment. En somme, allaiter à la demande signifie que l'allaitement maternel se fait véritablement en fonction des besoins du bébé et non en fonction des normes sociales...
Les tétées fréquentes en été, et notamment pendant les périodes de canicule, sont donc tout à fait normales. Le bébé sait parfaitement gérer ses apports si tant est qu'on lui en laisse la liberté. Pour augmenter ses apports en eau, il va réclamer plus souvent. Comptez le nombre de verres d'eau ou autres boissons (saines !) que vous absorbez quand il fait chaud ! Ces tétées fréquentes ne sont pas du tout néfastes pour sa digestion comme le prétendent certains. Le lait maternel se digère parfaitement et aucun délai n'est nécessaire entre les tétées. Avec la chaleur, le corps de la maman s'adapte : la composition du lait se modifie de façon à offrir au bébé un lait plus léger, qui continue de répondre aux besoins intenses de sa croissance. Les couches sont un bon indicateur pour savoir si le bébé prend suffisamment de lait : tout va bien tant qu'elles sont bien mouillées. Lorsque le bébé est plus grand, qu'il commence a être actif, il arrive que par temps très chaud il sue beaucoup, éliminant donc par la peau et urinant un peu moins : pas d'inquiétude, c'est normal.
Lorsque le bébé plus âgé (6 mois, 1 an et plus) est toujours allaité et qu'il consomme d'autres aliments régulièrement il est possible de lui donner de l'eau lors des grosses chaleurs si la maman n'est pas disponible ou bien s'il n'y a pas de stock de lait maternel à disposition. Dans ce cas, on peut lui proposer de boire au verre ou bien au biberon si c'est habituel. S'il en a besoin, il boira. Sinon, inutile de le forcer à absorber de l'eau. Mais s'il peut téter, c'est tant mieux car le lait désaltère et nourri, et procure dans le même temps réconfort et sécurité pour mieux repartir vers l'extérieur ensuite !
Le lait maternel : à consommer sans modération !
lundi 10 août 2009
JAILLISSEMENT
Alonso Cano, La vision de Saint Bernard, vers 1656-1660
Des seins engorgés sont plus voluptueux, déclarent de nombreux maris dont la femme allaite un nouveau-né. Certains sont surpris par la façon inhabituelle dont réagissent les tétons de la femme pendant les rapports sexuels. Le lait jaillit littéralement au moment de l'orgasme. On peut voir dans ce jet lacté la récompense à un zélé serviteur, si on le rapproche de la légende de saint Bernard (1091-1153), qui avait toujours voué un culte particulier à la Vierge. Un jour, pour le récompenser de sa ferveur, elle pressa son sein et dirigea un jet vers sa bouche, qu'il reçut à trois reprises. C'est dit-on à partir de cet orgasme mystique qu'il devint l'une des plus grandes figures militantes de l'Église du XIIème siècle. Les jets de lait sont à l'origine de bien des satisfactions. Ceux de Maya, divinité hindoue, n'ont-ils pas donné la "mer de lait", matière première de toute chose ? Les grecs anciens ne voyaient-ils pas l'origine de l'Univers dans un immense jet de lait issu du sein d'une déesse ? Les Dogons du Mali n'imaginent-ils pas la création du monde à partir d'une énorme goutte de lait ?
Extrait de Les seins : Encyclopédie historique et bizarre des gorges, mamelles, poitrine, pis et autres tétons de Martin MONESTIER (Le Cherche Midi Editeur)
jeudi 6 août 2009
PROBLEMES DE THYROIDE ET ALLAITEMENT
Hans Arp, Configuration
Une hypothyroïdie a été diagnostiqué chez la maman qui nous appelle. Elle allaite toujours son bébé de 15 mois. Elle se demande si elle pourra continuer l'allaitement et s'inquiète car elle ne souhaite pas du tout sevrer son enfant. Elle n'a pas encore dit à son médecin qu'elle allaitait de crainte du jugement et d'être obligée de sevrer...
Le traitement pour l'hypothyroïdie est parfaitement possible pendant l'allaitement. Bien que la maman reçoive pendant ce traitement des doses d'hormones, leur quantité dans le lait ne sera pas différente de celle d'une mère dont la thyroïde fonctionne normalement. Le bébé ne court donc aucun risque.
A noter que certaines productions de lait insuffisantes et avérées (c'est-à-dire lorsque tout a été mis en œuvre pour que la lactation soit optimale) peuvent être dues à des problèmes de thyroïde non diagnostiqués. Un bilan sera utile dans ce cas.













