le tétou blog

Association de Soutien à l'Allaitement Maternel à Béziers

samedi 24 octobre 2009

ALLAITER D'UN SEUL SEIN ?

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Tamara de Lempicka

C'est une question que l'on peut se poser à un moment donné de son allaitement, pour diverses raisons. Qu'il s'agisse d'une douleur persistante et insupportable au mamelon ou au sein (crevasse, mastite), de différences anatomiques très importantes entre les deux seins, de l'ablation d'un sein dans un cas extrême, d'un bambin qui refuserait momentanément un sein au profit de l'autre... Dans tous ces cas on peut allaiter avec un seul sein.

Comment est-ce possible ? Lorsque le bébé tète moins (ou plus du tout) d'un côté et que le sein est de ce fait moins (ou plus du tout) stimulé, la production lactée diminue ou se tarit de ce côté seulement. Quant à l'autre sein, il s'adapte à une plus grande demande en augmentant la quantité de lait fabriqué. Les mères de jumeaux n'ont finalement qu'un sein pour chaque bébé et allaitent sans problème. Les mères de triplés quant à elles, qui ont moins d'un sein par bébé, si l'on peut dire (!) peuvent également parfaitement nourrir leur bébé. Rappelons-nous qu'autrefois les nourrices allaitaient plusieurs enfants !

Cependant, si le passage à un sein unique pour allaiter se fait trop rapidement, sans transition,  il y a risque d'engorgement. Dans ce cas, il s'agit de calmer l'engorgement à l'autre sein sans stimuler pour ne pas accroître le problème (pas de massage mammaire, pas de tire-lait) avec l'application par exemple de feuilles de chou (voir l'article Feuilles de chou et "montée de lait") sauf bien entendu si la maman souhaite entretenir sa production de lait au sein non tété, comme dans le cas d'un refus momentané de la part de l'enfant.

Dans certains cas exceptionnels, des mamans qui ont allaité d'un seul sein ont rencontré des problèmes de sensibilité extrême, voire de crevasse. Est-ce à cause de la trop grande sollicitation ? D'un positionnement incorrect du bébé ? De mamelons fragilisés par des retraits trop violents de la bouche du bébé ? On peut se poser ces questions au regard des pratiques d'allaitement dans certaines tribus africaines où les bébés tètent plus de 90 fois par jour sans nuire aux mamelons de leurs mamans. Le corps de la femme moderne serait-il plus fragile ?...

Pour d'autres mamans, le fait d'allaiter d'un seul sein peut présenter un désagrément d'ordre esthétique. L'asymétrie que cela engendre étant plus difficile à assumer dans notre société où l'on prône la perfection. En dehors de ces considérations il est vrai que sous un joli vêtement avoir un sein plus petit que l'autre peut être pénible à vivre... Sachant que cela est transitoire, des mamans trouvent, en attendant et avec humour, des solutions en rembourrant le bonnet trop grand de leur soutien-gorge  avec du coton par exemple.

Avec un ou deux seins, à chacune ses choix et ses solutions !

vendredi 26 juin 2009

SEINS DOULOUREUX APRES LE SEVRAGE

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Anthropométrie, Yves Klein

La maman qui nous contacte a un bébé d'1 mois 1/2 qu'elle a complètement sevré il y a quelques jours. Le sevrage a été progressif, le bébé s'est bien adapté mais en revanche les seins de cette maman restent douloureux et elle constate comme des petites boules dures qui la gênent et l'inquiètent. Elle se demande ce qui pourrait la soulager et lui permettre de ne plus avoir de lait du tout.

Comme dans les cas d'engorgement ou de lymphangite, l'application de feuilles de chou (voir l'article "Feuilles de chou et montée de lait" ) est très efficace. Dans son cas, cette maman peut effectuer ce traitement naturel de façon intensive, tout au long d'une journée, en remettant régulièrement dans son soutien-gorge de nouvelles feuilles de chou dès que les anciennes viennent à ramollir.

D'autre part, pour aider à tarir sa lactation, cette maman peut boire plusieurs tasses de tisane de sauge dans la journée, et cela pendant quelques jours (pas de prise prolongée sans avis médical)  : 2 cuillères à café par tasse, laisser infuser 15 minutes environ.

Enfin, un cataplasme d'argile peut également l'aider à soulager la douleur.

En plus du chou, de la sauge et de l'argile, vous pouvez aussi essayer le persil (à manger par bottes ou fourré dans le soutien-gorge !) : c'est aussi un remède pour tarir la lactation mais généralement réservé aux vaches et aux juments !

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dimanche 28 décembre 2008

PETITE BOULE DANS UN SEIN

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La maman d'un bébé de 26 jours a un problème d'engorgement à un sein. Il y a quelques jours, elle a eu des courbatures et de la fièvre qui ont cessés spontanément (elle a donc eu une mastite, dite aussi lymphangite) mais elle continue d'avoir le sein assez tendu et de sentir au toucher une petite boule (côté externe du sein). Hier elle a appelé la maternité de l'hôpital : on lui a dit d'appliquer des feuilles de chou, si possible congelées. Elles se demande si cette information est bien valable... Effectivement le chou a des vertues anti-inflammatoires très efficaces dans les cas de mastite notamment, et d'engorgement en général. Voir l'article Feuilles de chou et montée de lait dans la catégorie Conseils pratiques du tetoublog.

Pour venir à bout de son problème, cette maman a déjà constaté qu'allaiter en position "ballon de rugby" était bien plus favorable qu'allongée (son sein est trop écrasé dans ce cas-là).

Pour favoriser un bon drainage du sein, elle allaite fréquemment mais le problème c'est que son bébé s'endort très vite. Le plus important c'est qu'il tète quand même efficacement au moins quelques minutes.

Elle peut également appliquer des compresses chaudes (pas brûlantes) ou au contraire froides (pas glacées) selon ses besoins, pour à la fois calmer la gêne et créer une vasodilatation des tissus.

Pendant la tétée, si c'est supportable, elle peut aussi masser très délicatement la petite boule.

Côté soutien-gorge, il peut être utile de le supprimer à certains moments de la journée, et notamment la nuit, sans craindre, comme cette maman le pense, que les seins vont tomber à cause de cela (avec un nourrisson, on ne fait pas du trempoline... et pourtant c'est quand même du sport !).

Enfin, un point très important comme toujours : le repos, le repos, le repos.

lundi 27 octobre 2008

LE TETAïRE

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De La Tour, le nouveau-né, XVIIème siècle

Autrefois, dans les hauts-cantons de l'Hérault, mais aussi dans les Cévennes et en Provence, il y avait des hommes, nommés tétaïres. Ils étaient chargés d'aider l'allaitement des femmes en tétant les seins, par exemple pour favoriser la montée de lait, ou lorsque les seins étaient engorgés (notamment si le nourrisson était décédé), ou encore pour former les bouts de seins. Ils intervenaient auprès de la mère en présence d'autres femmes pour éviter tout malentendu. Ces tétaïres étaient généralement des vieillards ou des simples d'esprit et il est rapporté dans les écrits historiques qu'ils s'attelaient à la tâche en toute bonne foi et a priori sans arrière pensée (cependant dans certains endroits ces hommes étaient quand même enveloppés d'un grand drap pour éviter des contacts physiques...). Cette pratique a eu cours dans les hauts-cantons héraultais jusque dans les années 50. Il est intéressant de noter que dans certains cantons de l'Angleterre et l'Allemagne au XVIIIème siècle, cette fonction incombait à des jeunes filles que l'on instruisait à l'art de téter.

Cependant, ces pratiques restaient ponctuelles. A l'époque, les mères présentaient rarement des complications lors de leur allaitement (engorgements, abcès, manque de lait, etc). Elles étaient entourées d'autres femmes (famille, amies, voisines) qui aidaient et conseillaient dès la naissance : l'entraide féminine était alors spontanée.

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