le tétou blog

Association de Soutien à l'Allaitement Maternel à Béziers

mardi 10 novembre 2009

RIEN QUE LE LAIT DE MAMAN

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Mère allaitant son enfant, Mary Cassatt, 1906

Un bébé de 7 mois ½ refuse d’avaler autre chose que le lait de sa maman : ni purées faites maison, ni petits pots tout prêts… Celle-ci se demande si c’est normal, d’autant plus que le pédiatre a constaté que le bébé n’avait pris « que 100g » depuis la dernière visite, le mois dernier. Par ailleurs le bébé va très bien, il grandit de façon satisfaisante et la taille de son crâne se développe également parfaitement bien. Sa maman trouve que son bébé se « développe très vite », il « bouge beaucoup », « il veut déjà se tenir debout ». Au moment des repas, il est assis à côté de ses parents dans une chaise haute. Il a tendance à ouvrir la bouche comme en signe d’appétit mais lorsque la nourriture arrive il refuse. La maman n’est pas particulièrement inquiète mais les avis du pédiatre et de certaines personnes de son entourage - qui pensent que parce qu’il est très actif il a désormais besoin d’autre chose que du lait - remettent en question son choix de se laisser guider par les besoins de son bébé.

En théorie, on recommande de diversifier l’alimentation des bébés nourris au lait maternel vers 6 mois. Cependant, en pratique, on constate que certains bébés refusent de manger des aliments solides à 7 mois, 9 mois, 1 an et même parfois au-delà. Tant que ces bébés vont bien,et qu’ils reçoivent le lait maternel comme ils le souhaitent, il n’y a pas lieu de s’inquiéter (le lait maternel devant  de toute façon largement primer dans l’alimentation du bébé jusqu’à au moins un an). Ils ne sont pas prêts et les forcer ne ferait qu’accentuer le refus. Les bébés exclusivement allaités savent déjà parfaitement maîtriser leurs apports alimentaires si tant est qu’on leur en laisse la possibilité en n’imposant pas d’horaire  pour téter. C’est pourquoi, il semble également important de les laisser se familiariser avec la nourriture solide à leur façon, c’est-à-dire avec leurs doigts, et à leur rythme, autrement dit sans instaurer de repas solide systématique. A noter qu’un bébé commence à être prêt à manger lorsqu’il a au moins 2 dents, qu’il se tient bien assis et qu’il a accédé au stade de motricité fine qui lui permet de saisir une miette entre son pouce et son index. Ainsi, lorsqu’on laisse le bébé s’intéresser à la nourriture de son propre grès et avec ses doigts on constate que l’usage de la cuillère n’est pas du tout obligatoire, le bébé apprenant seul à la manipuler lorsque sa motricité le lui permettra. Enfin, on entend dire que le lait maternel est pauvre en fer mais ce n’est pas vrai : le fer contenu dans le lait maternel est peut-être quantitativement plus faible que celui surdosé d’un lait artificiel mais il est en revanche totalement assimilable, ce qui n’est pas le cas de celui du lait artificiel.

Lorsqu’on a la possibilité de respecter le rythme de l’enfant, la diversification alimentaire  débute naturellement quand l'enfant est prêt, avec des périodes où l’enfant s’intéresse énormément aux aliments et d’autres moins. Le plus important n’étant pas de chercher à « engraisser » le bébé comme le prétendent certains mais plutôt de favoriser une curiosité naturelle envers la nourriture et une autonomie quant aux quantités nécessaires pour répondre à ses besoins (et qui ne sont pas forcément celles que l’on suppose a priori en fonction de normes établies…).

Si cette maman souhaite intéresser davantage son bébé à la nourriture de la table familiale (et sans pour autant se compliquer la vie à faire des petits plats exprès pour son bébé) elle a tout intérêt, au moins les premiers temps, à tenir son bébé sur ses genoux quand elle mange. Le bébé aura la curiosité de piocher des aliments dans l’assiette et de les porter à sa bouche, dans un premier temps sans doute pour simplement les sucer et ensuite pour commencer à en avaler des petites quantités. Si des morceaux semblent trop gros, la maman peut les prémâcher ou les découper un peu. S'il y a des antécédents d’allergies dans la famille, certains aliments seront évités (laitages, œufs, poisson, fruits exotiques, etc, la liste est à compléter auprès d’un spécialiste). En règle générale, lorsqu’il n’y a pas d’allergies connues, le bébé peut goûter à tout ce qui l’intéresse et c’est tant mieux car c’est ainsi qu’il développe son goût !

Pour se documenter sur le sujet, on peut lire un excellent dossier consacré à la diversification dans le hors série n°4 du magazine Grandir Autrement intitulé « Vers une alimentation consciente ».

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mardi 6 octobre 2009

ALLAITEMENTS SOUS PRESSIONS

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Klimt, Espoir, 1908

Ce matin, lors de la rencontre du Tétou, il a été largement question des critiques que nombre de personnes émettent à l’égard de l’allaitement. L’allaitement est jugé, on est « pour ou contre », on prend parti, on pense que… on donne son point de vue sans gêne, comme si c’était normal, on se permet de présumer que… Quelle femme qui allaite ne s’est jamais retrouvée confrontée aux réflexions désobligeantes des un(e)s ou des autres, même dès son séjour à la maternité ?… Je me le demande…

En 10 ans d’expérience dans l’association, je constate avec une grande tristesse et une colère certaine que ce sujet revient comme une des plus grandes difficultés à franchir  pour les mères, que ce soit leur premier ou leur 4ème enfant… Les autres et leur vécu sont d’immenses obstacles au bon déroulement de beaucoup d’allaitements. La souffrance qu’exprime les femmes est énorme et leur prend une énergie qui pourrait être déployée vers l’enfant, de façon positive et constructive. A cause des autres, des allaitements deviennent des parcours du combattant et le doute se répand, envahissant la relation d’allaitement, faisant perdre aux femmes l’écoute profonde de leur instinct, de leur ressenti.  Se justifier, se défendre, argumenter (quand on peut), alors qu’on a tant besoin de protection et de bienveillance quand on nourri son bébé : quelle inhumanité ! Les mères viennent l’exprimer parfois les larmes aux yeux, tant leur choix est incompris de leurs proches, de leurs amis, de leur entourage en général.

L’allaitement est un sujet brûlant, comme l’accouchement, l’éducation des enfants… on le sait bien, tout ce qui concerne la sphère privée du couple n’est jamais à l’abri des critiques, si l’on ne prend pas garde de se préserver… Dès qu’une jeune maman commence à exprimer ses émotions, à dire son ras-le-bol (somme toute normal, n’est-il pas de tâche plus prenante que de s’occuper d’un bébé ?) on lui assène de cesser d’allaiter sur le champ : sevrer, se séparer de son bébé, physiquement, comme si la relation d’allaitement et tout le contact qu’elle crée était indisposante au regard des autres. Certains ne mesurent pas la violence des propos qu’une mère peut recevoir au travers des « mais tu l’allaites encore ? Et il mange autre chose au moins ? Tu n’as pas assez de lait c’est pour ça qu’il (elle) pleure ! L’allaitement ça te fatigue, tu devrais arrêter, ça va il en a eu assez ! Tu vas le rendre dépendant !»

Lorsque le bébé est « encore » allaité à 3 mois, à 6 mois (la date de péremption n’étant pas la même pour tout le monde !) la mère est exposée à des réflexions récurrentes.
Lorsque le bambin déambule et vient se servir à la source, découvrant le sein de sa mère, les jugements tranchants deviennent de plus en plus pénibles à supporter forçant parfois la mère à sevrer contre son gré tant la pression est forte.

Comment, après ces phrases assassines et ces jugements, continuer de croire simplement, sainement, à ce qu’on fait, aux bienfaits de son allaitement, de sa relation parfois durement acquise si les débuts de l’allaitement ont été difficiles… Comment garder sa confiance en soi (surtout si elle était déjà fragile et attendait justement la maternité pour grandir) quand tout le monde est focalisé sur la prise de poids du bébé ?… Comment se rassurer sur sa capacité à allaiter si les autres sont hostiles en émettant des doutes sur la persévérance de la mère à allaiter malgré certaines difficultés ? Comment résister aux pressions d’une sœur ou d’une belle-mère si on est la seule dans la famille à allaiter ? Comment croire que ce que l’on fait est juste si les autres critiquent gestes, façons de faire et choix de maternage ? Comment rester soi-même face à des regards qui en disent longs ? Comment ne pas céder à des compléments de lait artificiel quand tout le monde vous rétorque que c’est la solution à vos problèmes d’allaitement ?

C’est affligeant et consternant de la part des autres en général, mais venant de certains professionnels de la santé et de la petite enfance c’est totalement inadmissible.

Caroline

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lundi 28 septembre 2009

L'ALLAITEMENT LONG DIMINUE LE RISQUE DE CANCER DU SEIN

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photo Raphaël Goetter, polychromies

Source Institut National du Cancer

L'allaitement est un facteur protecteur du cancer du sein. Allaiter diminue le risque de cancer du sein (pour la femme qui allaite, pas pour son enfant) et cette diminution est d'autant plus forte que la durée cumulée d'allaitement est longue.

Impact de l'allaitement sur le risque de cancer

L'allaitement diminue le risque de cancer du sein (pour la femme qui allaite, pas pour son enfant). Cette diminution du risque de cancer du sein est d'autant plus forte que la durée cumulée d'allaitement est longue (cumulée, c'est-à-dire que l'on additionne la durée de l'allaitement pour tous les enfants de la femme considérée). L'allaitement n'a pas d'impact sur les autres types de cancer.

Comprendre les mécanismes de protection

On quantifie la diminution du risque de cancer du sein avec l'allaitement en fonction de sa durée cumulée. Cette notion désigne la somme des périodes passées à allaiter l'ensemble des enfants d'une femme. Ainsi, en terme de diminution de risque, une femme ayant allaité un seul enfant pendant un an aura la même diminution de risque qu'une femme ayant allaité deux enfants pendant 6 mois chacun. La durée cumulée d'allaitement est pour cet exemple de 12 mois.

Sous cet angle de vue, on évalue une diminution du risque de cancer du sein de l'ordre de 4-5% pour une durée cumulée de 12 mois. Une femme allaitant son (ses) enfant(s) pendant une durée totale de 18 mois verra son risque de cancer du sein diminuer d'environ 6-7%.

Avant la première grossesse à terme, les cellules mammaires ne sont pas encore différenciées. On entend par ce terme que leur rôle définitif n'est pas encore déterminé. Elles sont proches à ce stade de cellules souches instables et plus fragiles. Quand une première grossesse est menée à terme, la différenciation des cellules mammaires s'effectue. Les cellules mammaires se stabilisent en acquérant leur fonction finale et sont moins enclines à subir des mutations génétiques pouvant aboutir à une cancérisation des cellules.
La lactation se superpose à ce phénomène et agit selon plusieurs mécanismes possibles :

  • elle complète la différenciation des cellules mammaires ;
  • elle diminue l'imprégnation estrogénique aussi longtemps que dure l'allaitement ;
  • elle permettrait l'évacuation de cancérogènes présents dans les cellules mammaires.

C'est probablement le deuxième mécanisme qui explique le mieux l'impact de l'allaitement sur le risque de cancer du sein. En effet, l'imprégnation hormonale et spécifiquement estrogénique que vit une femme au cours de sa vie (entre la puberté et la ménopause) conditionne en partie son risque de cancer du sein. Plus l'imprégnation estrogénique est importante, plus le risque de cancer du sein augmente. Inversement, plus cette imprégnation est réduite, moins le risque est important. Les grossesses représentent des périodes de diminution de l'imprégnation estrogénique. Cette diminution est maintenue pendant l'allaitement.

Sources

  • Bernier MO, Plu-Bureau G, Bossard N, Ayzac L, Thalabard JC. Breastfeeding and risk of breast cancer: a metaanalysis of published studies. Hum Reprod Update. 2000;6(4):374-86.
  • Collaborative Group on Hormonal Factors in Breast Cancer. Breast cancer and breastfeeding: collaborative reanalysis of individual data from 47 epidemiological studies in 30 countries, including 50302 women with breast cancer and 96973 women without the disease. Lancet. 2002;360(9328):187-95.
  • Helewa M, Levesque P, Provencher D, Lea RH, Rosolowich V, Shapiro HM; Comité sur les Maladies du Sein, Comité Exécutif et Conseil des Obstétriciens et Gynécologues du Canada. Cancer du sein, Grossesse et Allaitement. J Obstet Gynaecol Can. 2002;24(2):164-80

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samedi 26 septembre 2009

COMMUNIQUE DE LA COFAM SUR LA GRIPPE A(H1N1) 2009

A propos de la grippe A(H1N1), de nombreux communiqués ont déjà été publiés.
Toutefois, la Coordination Française pour l’Allaitement Maternel (CoFAM)
souhaite souligner plusieurs points :

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1. Dans les circonstances actuelles, il persiste encore de nombreuses incertitudes sur l’évolution de la pandémie et sur l’efficacité des vaccins. Il s’agit donc de se préparer avec « modération », sans affolement, ni psychose.

2. La clinique de la grippe A(H1N1) est similaire à celle de la grippe saisonnière : début brutal avec fièvre supérieure à 38°, courbatures, fatigue associées à des signes respiratoires (toux ou gêne respiratoire). Chez le jeune enfant, on peut observer des troubles digestifs et, parfois, un mauvais état général. Un malade atteint de la grippe A(H1N1) n’est pas un « pestiféré » : pour le moment, cette grippe ne semble pas plus dangereuse que les grippes saisonnières.

3. Toutefois sa très forte contagiosité peut créer des difficultés : d’une part, plus les malades sont nombreux et plus les sujets fragiles risquent d’être atteints par le virus et, d’autre part, un très grand nombre de malades dans le même temps peut désorganiser les familles et la société, pouvant créer ainsi des difficultés économiques supplémentaires. Par ailleurs, le malade étant contagieux déjà un jour ou deux avant le début des symptômes, cela complique les mesures de prévention.

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4. Comme pour les grippes saisonnières, les risques de la grippe A sont la décompensation d’une maladie sévère déjà existante, la surinfection bactérienne (qui nécessitera des antibiotiques) et l’infection pulmonaire directe par le virus. Celle-ci est rare, mais serait plus grave avec le virus A(H1N1) qu’avec les virus des grippes saisonnières.

5. Enfin, parmi les sujets à risques, les femmes enceintes et les jeunes nourrissons sont plus exposés aux surinfections et aux complications graves.

6. Devant cet état de faits, les réponses médicales sont nécessaires, mais il est tout aussi indispensable que chacun fasse preuve de solidarité et de « souci de l’autre » pour éviter les dérives. Cela veut dire qu’il faut commencer par se poser les questions : « Qui est vulnérable dans mon entourage ? Qui aura besoin de soutien en cas de forte épidémie ? » Cela signifie aussi qu’il faut éviter autant que possible les contacts inutiles avec les sujets fragiles : se dire bonjour sans se serrer la main et sans embrassades, limiter les visites en maternité (seulement la famille proche, non malade), rester prudent dans les contacts avec les familles où il y a une femme enceinte ou un jeune nourrisson, garder la mère et son nourrisson en grande proximité et encourager le peau contre peau fréquent, éviter de partager les jouets et autres objets ayant un contact avec le bébé, protéger son entourage quand on tousse (mouchoirs, lavage des mains, voire masques).

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7. Dans ce contexte de pandémie, il y a lieu de rappeler l’effet très protecteur de l’allaitement maternel : le lait de mère est antimicrobien et antiviral ; il permet de moduler l’immunité de l’enfant ; il diminue très nettement la vulnérabilité des enfants aux infections ainsi que les hospitalisations pour troubles respiratoires. Les bénéfices sont optimaux lorsque l’allaitement est exclusif jusqu’à six mois, mais l’allaitement partiel (c’est-à-dire en association avec d’autres liquides) peut apporter un certain degré de protection. Les professionnels de santé doivent donc encourager les mères à allaiter et les aider à poursuivre sereinement leur allaitement. En cas de difficultés, puisque les professionnels ont peu ou pas de formation initiale sur la lactation, il ne faut pas hésiter à solliciter l’avis d’un(e) consultant(e) en lactation et/ou l’aide d’une association locale de soutien. Dans le même esprit, les entreprises devraient faciliter le maintien de l’allaitement maternel pour leurs employées reprenant le travail après le congé de maternité.

8. Si la mère est malade, il est fortement recommandé qu’elle continue d’allaiter son bébé en augmentant la fréquence des tétées.
- Il n’y a pas lieu de séparer la mère et l’enfant, le lait maternel apportant une couverture immune parfaitement adaptée à l’environnement microbien et viral de la mère (par le biais du cycle entéro-mammaire).
- En cas de fièvre maternelle élevée et de grande fatigue, il convient de faire attention au partage de lit, en particulier avec un nourrisson de moins de 6 mois. Il est préférable de reposer le bébé dans son lit, placé à côté du lit de la mère.
- Contrairement à ce qui a été écrit, il n’est pas nécessaire de tirer le lait de la mère pour le donner séparément : la mise en oeuvre d’une telle pratique est trop compliquée par rapport aux bénéfices attendus ; de plus, elle est trop anxiogène et risquerait de contrarier la lactation. Le tire-lait sera utilisé seulement si la mère est trop malade pour arriver à mettre son bébé au sein en toute sécurité, ou si le bébé est trop malade pour pouvoir téter efficacement. (Centers for Disease Control and Prevention & Academy of Breastfeeding Medicine)
- Le traitement par les antiviraux Tamiflu (oseltamivir) ou Refenza (zanamivir), recommandés dans certains cas de grippe A(H1N1), est compatible avec l’allaitement. Le paracétamol pour la fièvre et l’ibuprofène pour les douleurs musculaires peuvent être utilisés. Les produits contenant de l’aspirine seront évités.
- Bien évidemment, la maman malade respectera les règles d’hygiène : lavage des mains très soigneux avant chaque tétée et dans la journée, port d’un masque pour protéger l’entourage, y compris lorsqu’elle allaite son bébé, désinfection régulière des jouets du bébé.
- Dans le cas particulier d’une mère qui a de la fièvre, des frissons, des courbatures, une grande fatigue, mais pas de toux et avec une douleur et/ou une zone indurée dans un sein, il s’agit probablement d’une mastite (inflammation du sein) et non pas d’une grippe. La poursuite de l'allaitement est possible et même recommandé pendant le traitement d'une mastite. Si besoin, le médecin pourra se rapprocher d'un(e) consultant(e) en lactation ou d'une association de soutien pour plus d'informations.

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9. En cas de contamination maternelle du péripartum, la situation sera gérée au « cas par cas », en fonction de l’état de la mère et en étant particulièrement vigilant sur le lavage des mains et sur le port du masque chez la mère. L’effet protecteur du lait maternel, et notamment l’extraordinaire capacité anti-infectieuse du colostrum, seront mis en balance avec un éventuel risque de contamination.

10. Si le nourrisson est atteint de grippe, la poursuite de l’allaitement est fortement recommandée. Le port de masque est conseillé pour un enfant, mais impossible à appliquer chez un nourrisson. En cas de suspicion de grippe avant un an, une consultation à l’hôpital est essentielle afin de confirmer le diagnostic par un prélèvement et de donner un traitement éventuel, seulement à bon escient (traitement peu validé à cet âge).

11. Enfin, ce n’est pas le rôle de la CoFAM de donner des recommandations pour la vaccination. Toutefois, signalons que la vaccination est possible chez une femme qui allaite. Mais les vaccins traditionnels contre la grippe saisonnière ne protègent pas contre la grippe A(H1N1). Par ailleurs, il n’y a pas de données suffisantes, pour le moment, sur les vaccins H1N1-2009.

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lundi 7 septembre 2009

DE L'USAGE DU COIT PENDANT L'ALLAITEMENT

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Femme gitane, Frans Hals, 1630

[La nourrice] ne sera pas mélancolique, mais joyeuse et gaillarde, riant souvent et modérément [...] elle sera sobre, nullement sujette au vin et encore moins à l'excès de Vénus, mais elle pourra user avec médiocrité du premier, et ne s'abstiendra pas tout à fait du second, si son naturel le requiert, pourvu que ce soit avec son mari, laquelle permission lui est volontiers octroyée par Joubert au chapitre septième du cinquième Livre de Ses Erreurs Populaires, fondé sur l'expérience de toutes les pauvres femmes, qui ne manquent pas de bien élever leurs enfants, encore qu'elles couchent journellement avec leur mari, et sur la sienne propre, alléguant que sa femme avait fort  bien nourri tous ses enfants, quoiqu'il n'ait pas manqué pour cela de coucher toujours avec elle, et de lui faire l'amour (à ce qu'il dit) comme un bon et fidèle mari : car en effet la semence trop longtemps retenue sans évacuation (principalement aux femmes qui avaient coutume d'user ordinairement du coït) s'échauffant trop faute d'évacuation, leur cause une telle démangeaison, et une si grande envie de s'en décharger, que s'en abstenant par force, elle ne manquerait pas de se corrompre dans les vaisseaux, après quoi elle causerait une grande agitation tant des humeurs du corps que des passions de l'âme, d'autant qu'il n'y a point (comme chacun sait) de plus violente, ni pire rage que celle de l'amour : c'est pourquoi il n'y aura aucun danger que la nourrice use modérément du coït avec son mari, et que ce soit seulement pour décharger et vider la trop grande plénitude, et non pour autre cause, quoi faisant, elle observera seulement de ne pas donner à téter à l'enfant incontinent après cet exercice ; mais elle attendra au moins une ou deux heures, afin de laisser reposer pendant ce temps, toutes les humeurs de son corps, qui ont été agitées et chauffées par cette action.

Extrait du Traité des maladies des femmes grosses, et de celles qui sont nouvellement accouchées, François Mauriceau, édition de 1683, p.436.

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jeudi 6 août 2009

PROBLEMES DE THYROIDE ET ALLAITEMENT

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Hans Arp, Configuration

Une hypothyroïdie a été diagnostiqué chez la maman qui nous appelle. Elle allaite toujours son bébé de 15 mois. Elle se demande si elle pourra continuer l'allaitement et s'inquiète car elle ne souhaite pas du tout sevrer son enfant. Elle n'a pas encore dit à son médecin qu'elle allaitait de crainte du jugement et d'être obligée de sevrer...

Le traitement pour l'hypothyroïdie est parfaitement possible pendant l'allaitement. Bien que la maman reçoive pendant ce traitement des doses d'hormones, leur quantité dans le lait ne sera pas différente de celle d'une mère dont la thyroïde fonctionne normalement. Le bébé ne court donc aucun risque.

A noter que certaines productions de lait insuffisantes et avérées (c'est-à-dire lorsque tout a été mis en œuvre pour que la lactation soit optimale) peuvent être dues à des problèmes
de thyroïde non diagnostiqués. Un bilan sera utile dans ce cas.

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lundi 27 juillet 2009

L'ALLAITEMENT EN PUBLIC DERANGE 25% DES MOINS DE 35 ANS

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photo Agence Reuters

Quoi de plus beau et de plus naturel que l'allaitement maternel ? Faut-il pour autant donner le sein à son enfant  en public ? La question a été posée à 1000 femmes par IFOP dans le cadre d'un grand sondage intitulé "Les femmes et la nudité".  Si une majorité de Français n'est pas dérangée par l'allaitement "en public" on constate que les chiffres varient en fonction de l'âge.

A la question "Pour chacune des situations suivantes, diriez-vous qu’elle vous dérange personnellement ?", 16% des femmes interrogées disent être dérangées de voir une femme donner le sein à son bébé en public". 84% des femmes interrogées ne sont pas dérangées par cette situation.

Mais dans le détail on s'aperçoit que les réponses sont différentes en fonction de l'âge. Ainsi plus on est "vieux" plus on accepte de voir une femme donner le sein à son bébé en public.

Ainsi si chez les + de 35 ans elles ne sont que 12% à trouver cette situation dérangeante, on atteint 25% chez les moins de 35 ans et même 26 % dans la tranche d'âge 18-24 ans.

Pour information et comme chaque année la semaine mondiale de l’Allaitement Maternel sera déroula du 1er au 7 août 2009 (*) dans plus de 120 pays pour promouvoir cette pratique afin que les nourrissons du monde entier soient en meilleure santé.

Selon l’Alliance mondiale en faveur de l’allaitement au sein, qui coordonne cette manifestation, l’allaitement maternel est le meilleur moyen d’apporter aux nouveau-nés les nutriments dont ils ont besoin.

Cette semaine Mondiale de l’Allaitement Maternel commémore la Déclaration «Innocenti» sur la protection, l'encouragement et le soutien de l'allaitement maternel, signée par l’OMS et l’UNICEF en août 1990.

Source sondage IFOP - Communiqué OMS

(*) Dans l'hémisphère nord, cette Semaine Mondiale de l'Allaitement Maternel aura lieu cette année du 12 au 18 octobre sur le thème L'allaitement maternel, un atout en situation de crise.

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jeudi 18 juin 2009

TOUJOURS DU LAIT APRES LE SEVRAGE

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Fusion, KO, http://kocreations.canalblog.com/

Mais oui, c'est possible et normal !

Dès que le lait n'est plus extrait régulièrement des seins, et notamment lorsque le bébé ou l'enfant plus grand ne tète plus du tout, les glandes mammaires commencent à involuer, c'est-à-dire à diminuer de volume, et cela se fait plus ou moins rapidement dans le temps.

On pourrait croire qu'une fois le sevrage effectif les seins ne sont plus capables de produire du lait, que la situation est définitive et irreversible... Or, de la même façon qu'une femme qui n'a jamais eu d'enfant (entendons qui n'a jamais été enceinte) peut produire du lait, une femme qui a sevré son bébé peut entreprendre une relactation, c'est-à-dire stimuler ses seins pour produire à nouveau du lait.

En dehors de ce cas particulier, une grande majorité de mamans sont surprises de constater que plusieurs mois après la fin de l'allaitement elles peuvent toujours extraire quelques gouttes de lait de leus seins en pressant doucement le mamelon. Lorsque le sevrage s'est produit plus tôt que prévu, il arrivent que certaines mamans, frustrées de cette fin précipitée, continuent naturellement et spontanément de proposer le sein en faisant perler quelques gouttes de lait.  Le bébé, qui ne sait plus téter, peut malgré tout s'amuser de cette situation pleine d'amour et aimer lécher, directement sur le sein ou sur le bout du doigt de sa maman, ces quelques gouttes de lait délicieux !

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samedi 6 juin 2009

MARC PILLIOT, PEDIATRE DEFENSEUR DE L'ALLAITEMENT MATERNEL

Source : Nord éclair, samedi 6 juin 2009

Pédiatre à Roubaix, le docteur Marc Pilliot est depuis toujours un homme engagé : président de l'ENVOL, l'association pour l'accueil et l'éveil du nouveau-né, ce Nordiste d'adoption est également à la tête de la Coordination française pour l'allaitement maternel (COFAM). En cette veille de fête des mères, il constate, intrigué, que les mamans ont de « moins en moins confiance en elles. » Rien d'étonnant dans une société où on leur en demande toujours plus.

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photo Sandrine Fraikin

Le docteur Pilliot est un ardent défenseur de l'allaitement maternel dont le premier bienfait, anti-infectieux, est souligne-t-il « archi prouvé » par de nombreuses études. Or, il reste encore beaucoup à faire pour le développer.

Vous présidez la Coordination française pour l'allaitement maternel (CoFAM). Qu'est-ce que c'est ?

Il y avait des accords internationaux pour que chaque état développe l'allaitement et en France, il ne se passait rien. Quelques professionnels avaient aussi entendu parler du label « Ami des bébés », décerné par l'UNICEF et l'OMS aux maternités développant une politique en faveur de l'allaitement maternel. Alors la CoFAM a été créée en 2000, pour promouvoir la semaine mondiale de l'allaitement maternel et faciliter les initiatives dans les maternités labellisées « Ami des bébés ». À partir de 2004, nous avons été sollicités pour sensibiliser les professionnels de santé sur l'allaitement autour de la naissance et amorcer une réflexion sur les pratiques mais en France, il y a du boulot.

Pourquoi ce militantisme ?

Je ne supporte pas les abus de pouvoir. Ça étouffe les enfants dans leur développement. Mais mon principal militantisme, c'est que les femmes qui ont envie d'allaiter puissent le faire.

Et quels sont les bienfaits de l'allaitement maternel ?

Sur le plan infectieux, ils sont archi-prouvés. Moins de diarrhées, d'otites, de mortalité infectieuse... Les bénéfices sont d'autant plus importants que l'allaitement est long. Il prévient aussi le diabète, des allergies, protège la maman du cancer des ovaires, de l'utérus ou de l'ostéoporose...

Encore faut-il pouvoir allaiter son enfant...

Oui alors j'informe, je conseille. Celles qui veulent continuer à allaiter en travaillant, je leur explique qu'elles peuvent dire à leur employeur qu'allaiter réduit de 30 % l'absentéisme, c'est moins de congés maladies ( rire). Par contre, celles qui allaitent longtemps, je ne vous dis pas les réflexions qu'elles entendent, notamment de la part de leur famille, du genre « Ton enfant ne va jamais se détacher de toi ».

Vous ne craignez pas de culpabiliser les mamans qui ne peuvent ou ne veulent pas allaiter, les « mères biberons » ?

Ce qui me choque, c'est que les mères sont amenées à faire un choix sans savoir. À la maternité, on leur demande seulement si elles veulent allaiter ou non. C'est une question fermée. Avant l'accouchement, bien en amont, on pourrait leur demander si elles y ont réfléchi, ce que ça implique... Il n'y a qu'un tout petit pourcentage de femmes qui ne peuvent réellement pas allaiter. Dans ce corps à corps avec le bébé, certaines peuvent craindre une trop grande fusion, une forme de cannibalisme... D'autres ne souhaitent pas allaiter leur premier enfant puis le font pour leur deuxième ou troisième enfant. L'accouchement et l'allaitement sont des chemins initiatiques. On découvre des choses sur soi.

Vous dites que les hôpitaux et maternités ne favorisent pas l'allaitement maternel. La France est-elle un cas particulier de ce point de vue ? 

C'est une spécificité française, en effet. On a eu des nourrices jusqu'au XIXe siècle, puis Pasteur et le lait stérilisé. En France, le féminisme a voulu positionner la femme à l'égal de l'homme. Ailleurs en Europe, le féminisme était identitaire. Les femmes disaient : « Nous voulons des droits mais restons des femmes ». Tout cela change ; grâce aux parents. qui lisent beaucoup, et grâce à la loi Kouchner qui a donné des droits aux patients.

Lire l'article intégral http://www.nordeclair.fr/Actualite/P_tits_dej_Nord_eclair/2009/06/06/marc-pilliot-pediatre-pour-ne-pas-quitte.shtml

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lundi 23 mars 2009

CITATION

"La femme n'allaite pas l'enfant,
.
mais la destinée."
.
Paavo Haavikko
(écrivain finlandais, 1931-2008)

.
LR_NikideSaintPhalle

Niki de Saint Phalle, Quatre nanas

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