mardi 20 octobre 2009
ECHOS DES RENCONTRES D'OCTOBRE 2009
Faire face au regard des autres est un thème récurrent pendant les rencontres...
S. allaite son bébé de 4 mois. Elle est venue parler notamment de ses difficultés à faire accepter son allaitement par son entourage qui juge qu'il est temps "qu'elle passe à autre chose". En somme on lui fait comprendre qu'il est temps qu'elle redevienne "femme"... Cette maman est déterminée à suivre son instinct pour s'occuper de son bébé comme elle le souhaite mais ses choix l'obligent en quelque sorte à se couper d'une certaine vie sociale au regard des pressions et de l'incompréhension auxquelles elle se heurte.
C. allaite son bambin de 19 mois et connaît bien ce problème avec sa famille proche. Sa mère (elle-même allaitée 3 ans) et sa sœur (qui n'a pas d'enfant) sont en effet farouchement "contre" l'allaitement. Heureusement que sa grand-mère, qui, en son temps, a allaité longtemps ses enfants, l'encourage et la soutient.
N. allaite sa fille de 14 mois et a régulièrement rencontré des difficultés pour assumer son allaitement et son maternage lorsqu'elle est confrontée au regard de certaines personnes. Pour cette maman, être par exemple invitée à un repas par son entourage familial et amical c'est comme partir sur le front... un véritable combat pour ne pas céder et s'écrouler face aux regards, aux remarques, aux réactions hostiles.
A. qui a allaité son fils 2 ans et V. qui allaite toujours sa fille de 3 ans 1/2 font part de leurs solutions : laisser dire les gens et ne pas trop parler de son allaitement (sauf avec des personnes bienveillantes), le temps fera le reste, quand on allaite longtemps les gens cessent de questionner, d'importuner la maman comme s'ils pensaient que le cas est désespéré !
Un bébé qui régurgite subitement... pourquoi ?... que faire ?...
V., allaite son bébé d'un mois et demi. Depuis 15 jours, il régurgite la journée mais pas la nuit. Le problème est-il dû au réflexe d'éjection fort ? Apparemment non. La position allongée conviendrait-elle mieux ? La maman a essayé la journée, mais cela ne réduit pas les régurgitations. Depuis 2 jours, elle semble avoir trouvé une solution : après la tétée, le fait d'allonger son bébé dans le transat quelques instants et de le prendre ensuite sur ses genoux en position verticale provoque un rot libérateur sans provoquer le rejet du lait.
Douleurs persistantes au sein...
A. allaite son bébé de 3 mois malgré des douleurs et une crevasse au sein droit qui tardent à disparaître. Pour le moment elle ne peut pas se passer de bouts de sein en silicone qui atténuent les douleurs. Elle essaie régulièrement de donner le sein sans les bouts de sein mais elle peine beaucoup et doit finalement continuer à les utiliser. Elle ne s'attendait pas à cet allaitement difficile, ayant allaité son fils 3 ans sans difficulté. Venir aux rencontres du Tétou lui permet d'exprimer son désarroi, sa déception et de trouver de l'aide pour surmonter peu à peu ses difficultés.
à bientôt pour d'autres échos !
dimanche 31 mai 2009
DOULEUR COMME DES AIGUILLES
La maman d'un bébé de 3 semaines se plaint de douleurs au téton et à l'aréole qu'elle décrit comme des sensations intenses, comme des aiguilles. Cette douleur est particulièrement présente depuis 3 jours. Les premières semaines ses seins étaient sensibles mais pas de cette manière. La petite, pourtant née à 36 SA + 4 jours, a une succion très vigoueuse depuis sa naissance. La prise du sein est correcte, le bébé n'a pas de sucette, la maman varie les positions mais aucune ne la soulage plus qu'une autre. Elle ressent ces "aiguilles" notamment en début de tétée et entre les tétées. Il y a quelques jours, elle a utilisé un tire-lait Medela® pour faire quelques réserves de lait mais il ne lui semble pas que cela ait déclenché cette douleur. Pour le moment, ne sachant trop que faire, elle applique de la lanoline Lansinoh®. Ces douleurs de type "aiguilles" sont évocatrices d’une candidose mammaire. Généralement la candidose provoque une modification de l’aspect du mamelon qui devient plus rosé et brillant. Et paradoxalement la prolifération du candida (champignon saprophyte présent naturellement sur la peau) ne peut avoir lieu que sur un seul sein, et sans que le bébé non plus soit atteint (muguet dans la bouche). Dans le cas de cette maman, la douleur est présente aux deux seins et ses mamelons n’ont pas changé d’aspect. Le diagnostic, encore incertain, devrait être confirmé par un professionnel, mais la description donne fort à penser qu’il s’agit d’une candidose débutante. En attendant, l’extrait de pépins de pamplemousse est un antifogique naturel très efficace qui peut soulager et rapidement stopper le problème. Il s’agit de l’appliquer dilué (jamais pur) au moins trois fois par jour : une dizaine de gouttes dans un coquetier d’eau. Voir aussi l’article Candidose : que faire ?
mercredi 28 janvier 2009
LA PEUR DES CREVASSES
Les crevasses, un des sujet qui fait le plus peur aux futures mamans. Il faut dire que, comme pour l'accouchement notamment, on entend des récits parfois horribles, qui marquent les mémoires. Comment après cela envisager sereinement l'allaitement ?...
Les crevasses font mal, c'est certain. Mais les crevasses sont loin d'être un passage obligé durant l'allaitement. Il est important de le dire car nombre de femmes pensent qu'allaiter fait toujours mal. Allaiter peut faire mal, plus exactement l'allaitement peut engendrer des types de douleurs très variées, très variables d'une femme à l'autre, dépendant de la sensibilité personnelle, de l'histoire corporelle.
Déjà, pendant les premières tétées, certaines ressentiront la prise du sein par le bébé comme désagréable, d'autres trouveront que cela est juste un peu sensible, d'autres exprimeront un inconfort supportable, d'autres diront qu'elles ont mal, un peu, beaucoup, franchement mal, d'autres encore parleront de douleur insupportable. Tout ce que la femme a pu entendre de négatif sur l'allaitement peut également altérer sa perception de la réalité.
Cependant il est primordial de signaler tout inconfort dès les premières tétées au personnel de la maternité qui aidera à vérifier et rectifier la position du bébé et sa prise du sein. Car plus on attend, plus les seins fragilisés par une succion incorrecte peuvent être sujets à une crevasse.
Le positionnement du bébé et une succion adaptée sont les bases préventives pour éviter les crevasses. Un bébé qui prend correctement le sein ne fait pas mal.
C'est un point crucial à ne pas négliger. Car une fois que la crevasse, cette ennemie redoutable et douloureuse, est là, la maman peut rapidement se décourager, d'autant plus vite que son entourage discréditera ses efforts... Heureusement, il existe des solutions pour rémédier à ce problème.
Quelques mythes
On entend dire parfois qu'un bébé ne doit pas rester trop longtemps au sein car cela provoque des crevasses. C'est faux. Un bébé qui tète correctement peut rester autant de temps qu'il le souhaite au sein.
On dit aussi qu'il faut préparer les seins avant l'accouchement en les massant, pour les "tanner" en quelque sorte, pour qu'ils puissent supporter la succion du bébé. C'est faux. Préparer les seins ne sert à rien et peut même être préjudiciable à la bonne santé de la peau du mamelon. Celle-ci est prévue pour être tétée, et c'est le bébé qui "fait" le mamelon au fil des tétées.
Si vous êtes blonde ou rousse, les gens vous diront que les peaux claires sont plus à risque. Encore une fois c'est faux. L'allaitement n'est pas réservé aux brunes !
Il existerait des crèmes fabuleuses pour soi-disant éviter les crevasses. C'est faux. Aucune crème ne peut éviter une crevasse. Une crème peut au mieux assouplir la peau pour l'empêcher de dessécher. Mais il n'est pas besoin de dépenser son argent quand on sait que le lait maternel est un onguent naturel de premier choix pour l'hygiène de la peau du mamelon. Appliqué à la fin de la tétée, il protège parfaitement. A noter que le dessèchement autant que l'humidité excessive sont néfastes.
En somme, avoir peur des crevasses est bien légitime. Qui ne craint pas la douleur ? Cependant c'est une difficulté transitoire que l'on peut surmonter notamment en se faisant accompagner et aider avec des conseils adaptés à la situation personnelle.
lundi 24 novembre 2008
DOULEUR AU SEIN APRES LYMPHANGITE
photos Catherine Landrevie
La maman d'un bébé de 6 mois et demi se plaint d'une douleur au sein qui ressemble à celle que l'on a après un coup. Il y a 3 jours, cette maman a eu le sein très engorgé, de la fièvre et des courbatures, en somme elle a eu une lymphangite.
La lymphangite (également appelée mastite) est une réaction inflammatoire du tissu lymphatique. Dans le cas de cette maman, des tétées moins efficaces que d'habitude sont à l'origine du problème. Avec du repos et des tétées fréquentes, la lymphangite guérit le plus souvent au bout de 2 jours. A noter que si la fièvre persiste au-delà de 48 heures (signe que l'infection s'installe), il faut consulter un médecin qui préscrira un antibiotique compatible avec l'allaitement.
La douleur que ressent cette maman lorqu'elle touche son sein est la conséquence de la réaction inflammatoire. Dans la mesure où la fièvre a disparu, il n'y a plus lieu de s'inquiéter. La douleur va progressivement s'estomper puis disparaître.
jeudi 2 octobre 2008
BOUT DE SEIN TRES SENSIBLE
Georg Scholz
Cactus et sémaphore, 1923
Cette maman a un bébé d'une semaine. Depuis la première mise au sein, elle a mal au bout d'un sein. Il est très sensible, il n'y a pas de plaie mais elle a peur, à l'avance, d'avoir des crevasses. On lui a souvent répété que l'allaitement faisait mal, que les crevasses étaient une épreuve inévitable de l'allaitement... Ces phrases planent dans son esprit et elle pense bientôt avoir des crevasses. Elle a mal au début de la tétée, quand le bébé attrape le sein puis la douleur disparaît pour laisser place à une sorte de gêne, d'hypersensibilité. Elle demande, inquiète, combien de temps cela va durer ?
D'après ce qu'elle décrit, le bébé est bien positionné (tête, épaules et hanches bien alignées), il tète correctement (sa bouche prend une grande partie de l'aréole et non pas simplement le téton, ses lèvres sont retroussées, on voit sa langue en gouttière sous le sein, sa langue n'est donc pas en arrière susceptible d'irriter le bout du sein). Le bébé n'a pas de sucette et il ne suce pas non plus son pouce (dans ces deux cas, la succion peut être perturbée et le bébé prend moins bien le sein). Enfin, les symptômes de la candidose sont absents.
La maman se focalise sur la peur d'avoir des crevasses, c'est son premier allaitement, elle se demande si ce qu'elle ressent est normal. Cependant, le fait est qu'elle a mal quand son bébé prend le sein et elle a bien raison de s'informer au cas où...
Il est vrai que les débuts de l'allaitement sont parfois pénibles car les seins sont pour certaines femmes très sensibles. Mais cela ne dure pas, à moins qu'un véritable problème de succion surgissent. Le premier mois d'allaitement notamment est une période critique où la maman a besoin d'être entendue, accompagnée et aidée lorsqu'elle se plaint que les tétées ne sont pas complètement agréables... Il est très important de pouvoir parler et d'exprimer son ras-le-bol à quelqu'un d'autre que le père (celui-ci n'est pas toujours suffisamment armé pour soutenir sa femme qu'il ne veut pas voir souffrir...) Le bouleversement hormonal, une certaine fatigue et la pression de l'entourage rendent la situation confuse et les doutes s'installent vite. Dire ses difficultés et se rassurer est essentiel pour pouvoir continuer l'allaitement de son bébé dans la confiance.
mardi 12 août 2008
CANDIDOSE : que faire ?
Précisons d'abord que les douleurs de la candidose sont bien spécifiques, et ne peuvent pas se confondre avec les douleurs liées aux crevasses. Cependant, exceptionnellement, les deux peuvent survenir en même temps... l'allaitement est alors très pénible et il faut très vite trouver des solutions pour ne pas que la mère se décourage.
La candidose mammaire, qui est dûe à la prolifération du champignon candida (naturellement présent sur la peau), crée des douleurs de type brûlure (boule de feu) à l'intérieur du sein, des démangeaisons sur le mamelon, des douleurs parfois plus violentes jusque dans les épaules et le dos. Ces douleurs (parfois qu'à un seul sein) sont perceptibles notamment entre les tétées et le mamelon peut prendre un aspect irrité, rose vif ou luisant.
Si vous avez des doutes sur les symptômes, consultez un professionnel de l'allaitement et n'hésitez pas à contacter le Tétou. Dans tous les cas, la candidose n'est en aucun cas un motif d'arrêt de l'allaitement.
Parmi les traitements à disposition, on trouve :
- des antifongiques allopathiques (consulter un médecin) : certaines pommades ont un goût fort qui peut gêner le bébé au point de refuser le sein ou de mal le prendre, ce qui peut entraîner des problème de succion, de stimulation, et du coup des début de cravesses ou des engorgements...
- des traitements homéopathiques (consulter un médecin)
- le violet de gentiane dilué à 1 % (on peut demander cette préparation en pharmacie sans ordonnance) : appliquer 1 à 2 fois par jour sur le mamelon à l'aide d'un coton-tige (et éventuellement dans la bouche du bébé s'il a du muguet). Traiter pendant 3 ou 4 jours, et maximum une semaine.
- l'extrait de pépin de pamplemousse (on le trouve en biocoop) : 10 gouttes dans un coquetier d'eau, appliquer plusieurs fois par jour (l'EPP ne s'applique jamais pur), jusqu'à disparition des symptômes.
Pages de référence :
http://www.lllfrance.org/allaitement-information/candidose.htm
http://www.santeallaitementmaternel.com/se_former/aider_vos_patientes/complications/pour_mere/complications_mere_4.php












