le tétou blog

Association de Soutien à l'Allaitement Maternel à Béziers

samedi 19 décembre 2009

PETIT GUIDE DE L'ALLAITEMENT POUR LA MERE QUI TRAVAILLE

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Pour toutes celles qui se demandent
...si on peut continuer d'allaiter en travaillant
...quelles sont les différentes possibilités
...comment s'organiser

"Petit guide de l'allaitement

pour la mère qui travaille"


de Claude-Suzanne Didierjean-Jouveau
publié aux éditions Jouvence, 192 pages, 9,50 €.

un cadeau utile pour aider et rassurer

les mamans qui reprennent le travail !

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vendredi 18 décembre 2009

ON M'A DIT QUE JE DEVAIS SEVRER

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Amy Crawford Photography

Cette maman doit se faire opérer très prochainement sous anesthésie générale. On lui a dit qu'elle devait sevrer son bébé de 4 mois pour cette raison, mais également parce qu'il "n'a pris que 10g par jour" ce dernier mois. Elle voudrait donc savoir comment s'y prendre étant donné que son bébé  refuse le biberon quand elle lui propose...

Avant de conseiller cette maman sur le déroulement du sevrage, il est de notre devoir d'association de soutien à l'allaitement de donner de l'information pour qu'elle puisse faire des choix éclairés.

L'hospitalisation et l'anesthésie générale qu'elle va bientôt subir ne signifient pas qu'elle doit nécessairement mettre un terme à son l'allaitement. Il y a des alternatives. En faisant une petite réserve de lait le bébé pourra être nourri en son absence. S'il refuse le biberon, il pourra boire le lait à la tasse. Ensuite, une fois l'opération passée, elle pourra théoriquement reprendre l'allaitement dès son réveil, lorsqu'elle aura retrouver ses capacités mentales normales, ce qui signale que le produit est quasiment éliminé. On entend parfois dire qu'il faut tirer son lait après l'anesthésie pour éliminer les restes du produit fixé dans les tissus adipeux  qui pourraient être relâchés dans le lait et attendre 12 à 24h avant de rependre l'allaitement mais cela n'est que rarement nécessaire ; c'est le cas notamment si la maman a un nouveau-né prématuré, ou souffrant d'hypotension ou de faiblesse générale, et si la maman a subi une chirurgie plastique. Dans le cas présent le bébé a déjà quelques mois ce qui minimise l'impact du produit anesthésiant. Tout ceci sera bien entendu précisé par l'anesthésiste auprès de qui les parents sont en droit de demander toutes les explications nécessaires.

Enfin, le fait de maintenir l'allaitement en cas d'hospitalisation est, pour certaines femmes, moins pénible que de sevrer brutalement. Cependant, cette maman ne pense pas a priori que ce serait une bonne solution pour elle car elle se projette difficilement hospitalisée sans avoir sevré...

D'autre part, le "problème" de la prise de poids lente que signale le pédiatre ne signifie pas non plus qu'il faille sevrer le bébé. La prise de poids n'est qu'un indicateur parmi d'autres de la santé du bébé. En premier lieu, la croissance du périmètre crânien et le développement psycho-moteur indiquent une bonne croissance, ce qui est le cas pour ce bébé. Les urines  sont un autre indicateur fiable pour la maman. Néanmoins, la pression du pédiatre quant au poids est particulièrement forte et remet en question le choix et le désir d'allaiter...

Pour s'assurer du bon fonctionnement de cet allaitement, il s'agit aussi de vérifier quels sont les facteurs qui pourraient interférer. Il s'avère que la maman a pris une contraception orale (pilule progestative microdosée) dès la sortie de la maternité et s'est ensuite fait poser un stérilet aux hormones 1 mois 1/2 après. Le ralentissement de la courbe de poids coïncide avec la pose du stérilet. Qu'en est-il réellement ? Si les contraceptifs oraux influent probablement chez certaines femmes sur la quantité de lait (lire "baisse de lait : pilule contraceptive ?"), il semble que cela ne puisse pas être le cas pour les stérilets à base de lévonorgestrel qui agissent localement.

Bien qu'elle a souhaité des informations sur le sevrage pour les raisons citées plus haut, cette maman a déjà spontanément commencé à stimuler sa production de lait : elle propose désormais les deux seins à son bébé, qu'il tète volontiers. Jusqu'à présent il "réclamait toutes les 3 heures", tétait un seul sein et  s'endormait souvent ensuite avec la sucette.  La maman peut accentuer la stimulation de ses seins en revenant au premier sein lorsque le bébé a terminé de lui-même le deuxième et qu'il souhaite toujours téter, et également proposer plus souvent le sein à son bébé dans la journée. Cette hyper-stimulation aidera beaucoup pour augmenter la quantité de lait et favoriser le gain de poids. L'endormissement au sein est aussi une pratique qui soutient naturellement une bonne lactation, permettant ainsi au bébé d'avoir des rations de lait supplémentaires. Elle peut également boire de la tisane galactogène (lire "recette de la tisane galactogène") ou faire une cure de fenugrec pendant quelques jours (lire "le fenugrec : effet galactogène rapide").

Si cette maman décide finalement de sevrer son bébé, elle fera un choix respectable, forte de toutes ces informations. En attendant, elle va réfléchir...

jeudi 10 décembre 2009

QUI A LE SECRET ?

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Le rêve, Picasso, 1932

A vous, mamans allaitantes au long court... Je me tourne vers vous pour connaître vos expériences concernant l'endormissement du bambin. Laquelle d'entre vous détient le secret ?
Tant pis, je l'avoue, je suis dans une phase où je n'en peux plus d'endormir bébé tous les soirs avec "le" rituel "tétou-histoire-chanson-allez fais dodo ..." puis 45 minutes après, réveil, alors rituel mais plus court, juste tétou, etc... Ben oui, je ne veux pas laisser pleurer bébé, quelle idée...
Comment avez vous fait ? Papa est intervenu ? comment ?
Mon souhait, ce serait : pas de tétine artificielle, pas de pleurs, pas de stress, un endormissement parfait quoi !! 
Je sais, je rêve... mais qu'est ce que ça soulage de se plaindre à ses copines d'allaitement !! Et pourtant, bébé finis bien par toujours s'endormir, mais je pense que j'en ai tout simplement marre.
Alors, c'est quoi votre secret ?

Nadège, maman de Rachèle 16 mois

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lundi 7 décembre 2009

DUREES D'ALLAITEMENT

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Interior with a mother feeding her child, 1670-75, Erich Lessing

[...] De même l'allaitement influe beaucoup sur les naissances, comme chaque physiologiste le sait. Les femmes du grand monde, dans tous les pays de l'Europe, allaitent brièvement aujourd'hui ; souvent pas du tout. Dans quelques livres récemment publiés chez nous, sur les soins à donner aux enfants, on prescrit pour les allaiter un espace de temps qui varie de douze à quinze mois. Dans le dernier siècle, l'allaitement parait avoir communément duré quinze mois en Allemagne, en France et même en Angleterre. Au temps où vécut Ambroise Paré, les dames de la cour de France allaitaient leurs enfants pendant dix-huit et vingt mois, et les mahométanes toujours au moins deux ans par obéissance aux préceptes du Coran. Chez les anciens Grecs et les Romains, le temps de l'allaitement variait beaucoup, et d'après le dialogue de Favorinus, dans Aulu-Gelle, ce devoir était souvent tout-à-fait négligé. Chez les anciens Juifs, il durait généralement deux ans, puisque, selon la tradition, Isaac a été nourri durant vingt quatre mois. Fleury, dans son livre des mœurs des Israélites, dit que quelquefois cette période était de trois ans;  et dans le touchant récit de la fermeté et de la cruelle mort d'une mère et de ses sept enfants mentionnée dans les Apocryphes (II, Machabées, 7 et 27), nous voyons que cette mère a nourri de son lait le plus jeune de ses enfants pendant trois ans. Chez les aborigènes d'Amérique, presque dans tous les endroits, depuis le point le plus septentrional jusqu'au cap Horn, l'usage est d'allaiter pendant trois ans. Il en est ainsi en Afrique dans bien des parties de ce continent. Chateaubriand fait mention d'un enfant américain qui fut allaité jusqu'à sa septième ou huitième année ; et M. King parle d'un petit garçon qu'il a vu, lors de son voyage au pôle arctique, retourner au sein de sa mère après avoir fait usage de son arc et de ses flèches. Les voyageurs nous citent beaucoup de faits de cette nature, et j'en ai recueilli un grand nombre dans les entretiens avec mes amis. Un cas extraordinaire de la durée de l'allaitement été communiqué par une dame alliée à une famille noble dans le comté de Warwick; je puis avoir confiance en sa véracité. Une jeune demoiselle a été nourrie, du sein de sa mère, jusqu'à l'âge de seize ans, époque à laquelle sa puberté se manifesta. La mère, avertie par ses voisins que dans une pareille circonstance la continuation de l'allaitement serait immoral, résolut de sevrer sa fille et s'en sépara. Tel fut l'effet de cet éloignement sur la fille qu'elle en mourut. Un autre fait semblable de la longue durée de l'allaitement m'a été raconté par M. Merle, très connu par ses rapports avec la presse quotidienne de Londres. Un fait plus extraordinaire encore de trouve mentionné dans le n° 33 de la "Revue médicochirurgicale" du docteur Johnson, par le docteur Kennedy d'Ashby-de-la-Zouch. Il s'agit d'une personne nommée Judith Watprford, de Thringston-sur-la-forêt, dans le comté de Leicester, qui avait allaité des enfants sans aucune interruption pendant l'espace presque incroyable de quarante-sept ans, et eut même encore dans la quatre-vingt-unième année de sa vie une sécrétion de lait dans ses mamelles. J'ai constaté moi-même ce fait pendant un voyage en Angleterre l'année précédente. Dans un journal allemand de Meckel, intitulé "Deutsches Archiv", il nous est donné un autre exemple d'un allaitement très prolongé où une femme a nourri des enfants pendant trente années consécutives. Il est d'autres exemples de cas rapportés par feu sir Astley Gooper dans son anatomie des seins, et dans une entrevue que j'ai eue avec M. de Blainville au Jardin des  Plantes, il me raconta plusieurs exemples aussi extraordinaires de l'allaitement prolongé dans d'autres espèces de mammifères tout à fait analogues à ceux que je viens de citer.

Extrait de Solution du problème de la population et de la subsistance, soumises à un médecin dans une série de lettres, Charles Loudon, 1842

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mercredi 2 décembre 2009

BAISSE DE LAIT : PILULE CONTRACEPTIVE ?

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Mother and baby, Kathy Poitras, 2007

La maman d'un bébé de 20 jours nous appelle pour un problème de baisse de lait. Jusqu'à présent l'allaitement s’était parfaitement déroulé, pas de problème particulier, pas de douleur aux seins, tout allait bien, ce qui réjouissait la maman. Le bébé avait repris son poids de naissance à 1 semaine et grossissait "bien". Puis, aux environs des 15 jours du bébé la maman a constaté qu’elle produisait moins de lait, son bébé semblait insatisfait malgré des tétées fréquentes. A partir de de là, le poids a stagné. Depuis 4 jours, sur recommandation de sa sage-femme, cette maman est censée donner 90 ml de lait artificiel à son bébé puis le faire téter 10 minutes à chaque sein. De son propre gré, et craignant d’avoir de moins en moins de lait, elle fait d’abord téter son bébé et ne lui donne ensuite que 50 ml de lait en poudre…

On pourrait simplement penser que cette baisse de lait correspond en fait à une poussée de croissance du bébé. La première a théoriquement lieu aux alentours de 3 semaines, cependant, en pratique, une poussée de croissance peut avoir lieu à tout moment, seuls les besoins de chaque bébé la signalent. Face au comportement maussade de son bébé, la maman a allaité très fréquemment, connaissant parfaitement bien le mécanisme de l’allaitement, sans limite de temps, mais n’a pas pu satisfaire son bébé qui ne prenait plus de poids. En questionnant davantage cette maman, nous apprenons qu’elle a commencé à prendre une contraception orale (une pilule microdosée contenant de la progestérone) quand le bébé avait 10 jours, quelques jours à peine avant le début de la baisse de lait… Elle dit avoir essayé beaucoup de pilules par le passé et n’en avoir jamais supporté aucune, comme si son «corps n’était pas fait pour». Elle avait fait d’elle-même le rapprochement entre la baisse de lait et la prise de cette pilule mais ne savait pas trop que penser, ni que faire…

Les pilules contenant uniquement un progestatif (Cérazette®, Microval®) sont couramment prescrites durant le premier mois après l’accouchement lorsque la mère allaite car elles ont la réputation d'être parfaitement compatibles avec l'allaitement. Or, il semble que chez certaines femmes cette pilule a un impact réel sur la quantité de lait produite, que la prise de la pilule débute précocement ou plus tardivement.

Ce constat ne sous-entend pas que ces pilules ne sont pas un bon moyen de contraception quand on allaite puisque certains allaitements n’en pâtiront pas. Plus précisément, ce constat montre qu’il est indispensable d’une part que toutes les mères qui allaitent et qui choisissent ce mode de contraception soient informées du risque de baisse de lait, et d’autre part que le professionnel qui prescrit cette pilule puisse évaluer la situation dans les premiers jours du traitement  et, le cas échéant, accompagner et conseiller la mère qui verrait sa production de lait se réduire, sans la diriger vers des compléments de lait artificiel qui risqueraient de mettre en péril son allaitement.

La conclusion de cet entretien téléphonique a amené la maman à repenser son moyen de contraception étant donné qu’elle ne souhaite pas du tout continuer à donner des compléments...

samedi 28 novembre 2009

LA CHAMBRE D'ALLAITEMENT DANS LES USINES

source Sciences.gloubik.info

La Nature N°2300 - 27 octobre 1917

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Parmi les bouleversements économiques et sociaux apportés par la guerre, il n’en est pas de plus lamentables peut-être que ceux qui atteignent l’enfance. Livré seul aux caprices du sort, l’enfant subit l’effroyable contre-coup des évènements, sans défense et sans appui, sans protection aucune. Et la substitution d’une vie anormale aux conditions courantes l’affecte d’autant plus qu’il est plus jeune et partant plus fragile.

Entre l’allaitement au sein et l’élevage au biberon, il est reconnu que la préférence doit aller au premier mode d’alimentation. Les médecins sont unanimes à recommander aux mères de nourrir leurs enfants pendant la première année au moins. La mortalité infantile sévit surtout parmi les nouveau-nés élevés au lait artificiel : les statistiques le prouvent. Faut-il en chercher la cause dans des précautions d’asepsie d’une exécution souvent difficile ? Peu importe : le fait est là, brutal : le lait maternel représente pour le nourrisson une promesse de vie que n’égale aucune autre.

Le travail des mères dans les usines a provoqué une diminution considérable du nombre des allaitements naturels en faveur du régime artificiel. Il est à peu près impossible à une mère ouvrière de donner le sein. On l’astreint à des heures de présence régulière. La loi n’impose au patron que l’« abri décent », local où les femmes peuvent retrouver pour les tétées leur enfant amené du dehors toutes les trois heures. Quelle personne le législateur entend-il charger du soin de ce transport ? L’ouvrière va-t-elle rogner son modeste salaire pour payer une mercenaire ? Elle se résigne plutôt à cesser de nourrir : l’enfant est confié aux bons soins d’une voisine, ou mis en crèche. Tous les bénéfices de l’allaitement maternel disparaissent.

La chambre d’allaitement dans l’usine a été créée pour écarter ce danger. La travailleuse s’occupera elle-même de son poupon : l’usine le lui permettra, l’encouragera ; elle lui facilitera la tâche en mettant à sa disposition un local approprié. Elle ira parfois jusqu’à la favoriser d’une prime.

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Quelques années avant la guerre, certains industriels ; principalement dans le Nord, des filateurs de Roubaix-Tourcoing et de Lille, avaient compris l’importance de cette question, capitale dans l’œuvre de la protection de l’enfance. La chambre d’allaitement dans les usines

La guerre, avec la succion énorme de personnel féminin qu’ont provoquée les usines multipliées, a ramené l’attention sur l’impérieuse nécessité de rapprocher le bébé de sa mère. Les pouvoirs publics se sont émus (Proposition de loi Engerrand, adoptée par la Chambre.) : une campagne officielle de propagande est aujourd’hui menée auprès de tous les gros fabricants employant la main-d’œuvre féminine pour les inviter à installer une chambre d’allaitement dans leurs ateliers.

Que faut-il au demeurant pour la réaliser ? Une dépense de premier établissement qui peut s’abaisser jusqu’à 17fr. par berceau, comme dans l’installation Motte, ou 22 fr., comme dans l’installation Wibaux-Florin, toutes les deux à Roubaix ; des frais d’entretien chiffrant de 0fr,20 à 0fr,50 par jour et par enfant ([1]).

L’installation ? Un petit local bien aéré, de 10 m. sur 10 : deux cloisons en planches isolant une chambre dans un corps de bâtiment, un atelier d’emballage ou un magasin. On peint en blanc : la poussière doit être visible ; à la chaux, au ripolin si l’on veut faire grandement.

Quelques berceaux, une armoire à linge contenant le trousseau, dix couches par jour et par enfant ; un grand coffre en tôle hermétique où l’on enferme les langes salis, que le blanchisseur prendra chaque matin ; des chaises, une balance, un peu d’eau : voilà plus qu’il n’en faut pour que la mère se trouve à l’aise avec son bébé. Toutes les trois heures elle vient, retrouve l’enfant comme elle l’avait laissé, le change, le nourrit, le caresse un peu : et c’est un joli spectacle que celui des femmes, en vêtements de travail, allaitant leurs poupons roses et souriants, pour retourner ensuite au labeur un instant interrompu. La perte minime de temps consentie par l’industriel se récupèrera en beaux et vigoureux enfants qui rendront au centuple sous forme de main-d’œuvre le prêt à longue échéance qui leur aura été consenti.

Dans l’intervalle des tétées, les bébés sont surveillés par une ouvrière âgée : cette femme assure généralement en même temps un autre travail : réparation de sacs, plissage de cartonnage ; pour peu que le chef y prenne peine, il lui trouve toujours une occupation compatible avec la garderie.

Pour obéir aux conseils de l’hygiène, et éviter que la réunion des petits puisse devenir un foyer infectieux nuisible à tous, on ajoute près de l’entrée un ou deux boxes d’isolement ; la surveillante y fait déposer, en attendant la visite, les poupons malades que son ?il exercé reconnaît bien vite.

Des installations de cette sorte fonctionnent déjà dans plusieurs ateliers, à la commune satisfaction de l’employeur et des employées (Voir Le Bulletin des usines de Guerre : « Les chambres d’allaitement dans les usines de guerre », installations de Levallois-Perret.) ; on ne peut que souhaiter qu’elles se répandent et se développent dans toutes les usines de France où travaillent des femmes, pour le plus grand bien des petits Français, dont la meilleure nourriture est et sera toujours le lait de leur mère.

A. K.

[1] Ligue contre la mortalité infantile, La chambre d’allaitement, p. 8.

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lundi 16 novembre 2009

DU LAIT SANS BEBE

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Anna, Lilias Torance Newton, 1923

Ma seconde fille, je n'ai pu l'allaiter. Non pas parce que mon lait n'était pas bon. Non pas parce que je n'avais pas assez de lait. Non pas parce que j'avais choisi le biberon. Non pas parce que... mais parce qu'elle n'a pas vécu en dehors de mon ventre.

La grossesse s'est bien passée, les seins se sont préparés comme pour ma première grossesse. Quelques jours avant le terme, je comprenais qu'elle ne vivait plus. Après l'accouchement, à l'hôpital, on m'a remis le médicament pour stopper la montée de lait. Cela a dû être efficace, je ne me souviens pas d'avoir eu un engorgement. De retour de la maternité, je devais continuer à le prendre mais je le supportais mal physiquement et moralement.
Surtout, je n'avais pas envie de couper ce lait. Je n'étais pas encore prête à laisser s'effacer ce lien. C'était la seule chose qui me rattachait à elle. J'ai eu du lait pendant peut-être 3 ou 4 mois, peut-être plus ou moins, je ne sais plus.
Les premières semaines, ces perles de lait étaient la seule preuve que je n'avais pas rêvé, qu'elle avait bien existé.
 
Emma est née sans vie il y a trois ans, cela veut dire qu'elle est décédée in utéro et que j'ai accouché "normalement" (elle est inscrite sur notre livret de famille).
Ces souvenirs de non-allaitement me reviennent et je les dévoilent car il me semble juste d'évoquer aussi ces mamans qui ne peuvent aboutir à ce beau projet.
 
Si ces mamans sont comme moi, elles n'en parlent pas et vivent seules cette période de lait sans bébé.
 
Je suis aujourd'hui une heureuse maman qui allaite sa troisième fille de 15 mois avec les hauts et les bas de l'allaitement longue durée.
 
Nadège

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samedi 14 novembre 2009

CITATION

"La supériorité de l'allaitement au sein
sur le biberon
réside essentiellement
dans le fait que son emballage
est plus agréable à l'œil."

Marcel Etienne Grancher

(journaliste et écrivain lyonnais, 1897-1976)

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lundi 2 novembre 2009

REFUS DE TETER

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Kupka, Autour d'un point, 1911

Depuis bientôt une semaine, ce bébé de 8 mois refuse de téter comme il le faisait jusqu'à présent, c'est-à-dire 4 fois par jour: à 10h, à midi après un petit repas, pour le goûter, et le soir après un autre petit repas. Sa maman a tout de même réussi à lui faire prendre le sein plusieurs fois depuis, mais c'est toute une entreprise qui nécessite la présence et l'aide du papa, qui parvient tant bien que mal à positionner le bébé pour qu'il daigne téter. La maman tire son lait car elle craint de ne plus en avoir assez et a peur que le bébé ne reçoive pas assez de liquide par ailleurs. Elle a donné le lait à son bébé à quelques reprises à l'aide d'une pipette. Cependant, elle est très inquiète, très stressée car elle n'est pas prête à un sevrage précoce. Elle ne comprend pas ce qui se passe. Depuis quelques temps son bébé est facilement distrait, c’est pourquoi les tétées doivent avoir lieu à l’écart de toute sollicitation. Lorsqu'elle lui présente le sein, il est très agité, se tortille, lâche le sein, la regarde, parfois aussi tape sa tête de sa main et finit par se calmer si le lait arrive.  La maman n'apprécie pas ces prémices à la tétée, elle pense qu’il joue au sein, qu’il ne veut pas téter, de ce fait parfois son lait tarde à venir ou ne vient pas du tout, et cela la rend nerveuse. Cercle vicieux. Son bébé l’a toujours habituée à téter à des moments précis et réguliers, et ces comportements la perturbent.

Que se passe-t-il pour ce bébé ? I
l a fait fait beaucoup de progrès moteurs dernièrement, il est de plus en plus actif, il peut maintenant agir sur les objets et les personnes, ce qui est tout à fait normal et signe d’un développement harmonieux. Au moment des tétées, il manifeste davantage sa personnalité, appréciant une introduction ludique à la tétée, et comme beaucoup de bébés de son âge, il aime le mouvement et s'agite facilement au sein, notamment si le lait tarde à venir.  Enfin, il dort dans sa chambre depuis environ 15 jours.

Que se passe-t-il pour la maman ? Elle est déstabilisée par les attitudes et les refus répétés de son bébé. Le schéma d’allaitement qu’elle connaît a changé. Elle est épuisée par un manque de sommeil chronique : son bébé se réveille 1 ou 2 fois par nuit mais comme elle ne parvient absolument pas à l’allaiter allongée, elle ne peut pas se laisser aller à la détente que procure la tétée et trouve très difficilement le sommeil quand elle se recouche. En tout et pour tout, elle dort 4 heures… D’autre part, le fait de s’occuper de son bébé l’a coupée d’une vie sociale et d’un rythme d’activités dont elle avait besoin. Pourtant, elle dit souhaiter vraiment continuer d’allaiter. Elle retournera au travail dans 1 mois.

Que se passe-t-il entre la mère et son bébé ?

Le lait ne vient-il pas assez vite et le bébé s'impatiente-t-il au point de se détourner du sein ?

Le bébé refuse-t-il finalement de téter à cause de l'ambiance trop stressante des tétées ?

Son  développement psychomoteur lui permettant d’être davantage acteur pendant la tétée (agitation et jeux au sein), ce bébé suscite-t-il simplement une intéraction avec sa mère qu'elle-même interprète comme un refus ?

Sent-il une certaine ambivalence chez sa maman, tiraillée entre le désir de poursuivre l'allaitement et le besoin de retrouver des liens sociaux ?

Tous ces facteurs - et d'autres - sont-ils en jeu dans cette situation ?

Quelles solutions pour cette maman désemparée ? Sans doute plus de souplesse, comme elle le dit à la fin de la conversation, plus de lâcher prise face à cette situation. Le forcer à téter ne ferait qu'accentuer les refus, et la mise en place des stratagèmes avec l'aide du papa n'est pas forcément une solution à long terme... Mais ce n'est pas si simple de laisser son bébé choisir et de se sentir rejetée comme mère nourricière... Favoriser le contact, de préférence en peau-à-peau, sans chercher absolument à le nourrir. Continuer de tirer son lait pour maintenir sa production de lait. Avec patience et calme, cet épisode difficile ne sera finalement peut-être qu’une transition vers un nouveau départ pour son allaitement.

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mardi 27 octobre 2009

QUAND L'ALLAITEMENT TOUCHE A SA FIN...

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"Je regarde les photos où je l'allaitais..."

Charlotte

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Valentin

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