justine-kurland-7Photo Justine KURLAND

Un petit topo sur cette rencontre très riche. Difficile de transcrire ici l’ambiance et les échanges d’expériences entre mamans. Je vous livre donc simplement les thèmes abordés et les questionnements de chacune.

Les tétées fréquentes du soir.
Le regard et la pression de l’entourage.
La reprise du travail.

Ces 3 thèmes ont naturellement amené à parler d’un aspect indissociable de l’allaitement : la confiance en soi.

S. allaite son bébé depuis 1 mois. C’est son premier enfant. Les débuts ont été faciles mais la maman ressent à présent davantage de difficultés à répondre aux besoins de son bébé qui a dernièrement traversé une poussée de croissance. Bien qu’elle soit parfaitement informée à ce sujet, les tétées fréquentes de ces derniers jours ont miné sa confiance, et elle va jusqu’à se demander si elle ne devrait pas tirer du lait pour le donner en complément. Par ailleurs la croissance de son bébé est parfaitement satisfaisante.

Ces demandes fréquentes sont normales, les besoins sont accrus les premières semaines, la croissance est rapide, le bébé sait d'instinct que téter est nécessaire et sa demande varie naturellement selon les moments de la journée. Mais ce n'est pas toujours facile pour la maman ! Aussi, pour éviter de trouver le temps long, de trop réfléchir, et de finir par remettre en question l’allaitement, il ne faut pas hésiter à s’occuper pendant la tétée : lecture, télé, internet, etc. Notre ultra-moderne solitude de maman occidentale ne nous permettant pas toujours d’avoir des relations extérieures et d’échanger quotidiennement avec d’autres femmes, comme peuvent le faire plus simplement les mères des sociétés traditionnelles, n’hésitons pas à palier ce manque par les moyens technologiques qui sont les nôtres. Et bien sûr venir partager ses angoisses, ses doutes et ses questions lors des rencontres du Tétou pour repartir plus forte et plus en confiance !

A. allaite également son bébé d’1 mois. Elle envisage de s’absenter prochainement, de temps en temps durant des demi-journées, et elle souhaite donc avoir des infos pour tirer son lait et savoir avec quel contenant elle peut faire donner le lait au bébé qui sera gardé par son papa.

Le biberon est l’option la plus populaire mais il y en a d’autres si une confusion de succion se manifeste (tasse, cuillère, pipette). En effet, il est théoriquement préférable d’éviter de faire usage de la tétine du biberon avant les 6 semaines du bébé, à cause des risques de confusion de succion. Ceci étant dit, les mamans présentes lors de cette rencontre (ainsi que d’autres fréquentant régulièrement le Tétou) qui ont expérimenté cela n’ont pas rencontré de difficultés. Rester attentive à la succion du bébé qui reçoit du lait au biberon est essentiel : à la moindre gêne ou douleur, ne pas hésiter à retirer le bébé du sein et reprendre les principes de base d’une mise au sein correcte (bouche grande ouverte, langue en gouttière, alignement oreilles/épaules/hanches) et éventuellement se faire aussitôt aider par une personne compétente.

C. allaite sa fille de 3 mois. Pour rebondir sur le premier thème, les tétées fréquentes le soir, elle nous fait part du fait qu’elle tire son lait le matin pour le donner à son bébé le soir quand les tétées se multiplient, qu’elle craint que sa fille ait encore faim et que surtout des personnes de son entourage la critiquent sur cette façon de faire et toutes ces tétées hors normes selon eux…

Et nous voici donc à aborder le fameux thème du regard des autres faisant tant de ravage chez les mères à fleur de peau, qui le seraient certainement beaucoup moins si on leur fichait la paix, afin qu’elles consacrent leur énergie à être à l’écoute des besoins de leur bébé pour mieux y répondre et en même temps se valoriser dans leur fonction maternelle ! Mais apparemment, même en 2012, nous sommes loin de tout cela dans nos contrées occidentales, où la mère qui allaite est seule face à une horde de proches enragés, incapables de cerner toute la subtilité de la relation d’allaitement et inconscients (quoique…) des effets délétères de leur réactions et autres injonctions à cesser de nourrir leur bébé au-delà du temps arbitrairement acceptable selon leurs valeurs, ignares du fonctionnement physiologique de l’allaitement et de l’instinct du bébé qui fait que les demandes rapprochées du soir font justement en sorte que l’hypothalamus maternel continue de jouer son rôle pour que les seins fournissent les quantités de lait parfaitement adéquates durant les jours qui suivent.

C. est également venue car elle reprend le travail à temps plein dans 3 mois et souhaite s’informer pour s’organiser au mieux et continuer d’allaiter.

S. allaite sa fille de 2 mois ½ . Tout va bien. Au sujet de l’allaitement en public, elle se rend compte avec le recul qu’il lui est arrivée d’allaiter son fils en retrait des regards pour ne pas choquer son entourage familial. Elle se dit qu’à présent, avec son second enfant, elle ne réagira pas du tout de la même façon.

C. allaite sa fille de 5 mois et va prochainement reprendre le travail (2 jours complets et 2 demi journées). Cependant, à chaque fois qu’elle tire du lait elle n’obtient que peu de quantité ce qui la fait douter sur ses capacités à faire des réserves suffisantes avant la reprise du travail notamment.

La mise en place d’une routine quotidienne de recueil du lait (plusieurs fois par jour éventuellement) stimulera la production. D’autre part, comme le bébé commence à s’intéresser à l’alimentation solide, la maman pourra compléter de cette façon, et ainsi se faire moins de souci quant à sa production de lait et aux réserves à effectuer. Et dès son retour du travail ainsi que les jours de repos le bébé sera allaité à son aise.