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De La Tour, le nouveau-né, XVIIème siècle

Autrefois, dans les hauts-cantons de l'Hérault, mais aussi dans les Cévennes et en Provence, il y avait des hommes, nommés tétaïres. Ils étaient chargés d'aider l'allaitement des femmes en tétant les seins, par exemple pour favoriser la montée de lait, ou lorsque les seins étaient engorgés (notamment si le nourrisson était décédé), ou encore pour former les bouts de seins. Ils intervenaient auprès de la mère en présence d'autres femmes pour éviter tout malentendu. Ces tétaïres étaient généralement des vieillards ou des simples d'esprit et il est rapporté dans les écrits historiques qu'ils s'attelaient à la tâche en toute bonne foi et a priori sans arrière pensée (cependant dans certains endroits ces hommes étaient quand même enveloppés d'un grand drap pour éviter des contacts physiques...). Cette pratique a eu cours dans les hauts-cantons héraultais jusque dans les années 50. Il est intéressant de noter que dans certains cantons de l'Angleterre et l'Allemagne au XVIIIème siècle, cette fonction incombait à des jeunes filles que l'on instruisait à l'art de téter.

Cependant, ces pratiques restaient ponctuelles. A l'époque, les mères présentaient rarement des complications lors de leur allaitement (engorgements, abcès, manque de lait, etc). Elles étaient entourées d'autres femmes (famille, amies, voisines) qui aidaient et conseillaient dès la naissance : l'entraide féminine était alors spontanée.